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Beaucoup trop de buts pour les bookmakers du championnat de foot anglais

Publiée le 16 oct 2009 // Infos

Les bookmakers britanniques sont dans leurs petits souliers, explique Le Monde. L’avalanche de buts depuis le début de la saison du championnat a fait perdre leur chemise à ces institutions uniques au monde…

Les bookmakers britanniques sont dans leurs petits souliers, explique Le Monde. L’avalanche de buts depuis le début de la saison du championnat anglais a fait perdre leur chemise à ces institutions uniques au monde. La chute du nombre de matchs nuls lors des rencontres de Premier League (équivalent de la Ligue 1 française) a fait plonger les résultats financiers d’enseignes réputées comme William Hill, Ladbrokes ou Gala Coral.

Les parieurs du football ayant tendance à tabler sur une victoire, les matchs nuls font l’affaire des « bookies ». Or, depuis le début de la saison 2009-2010, un nombre record de buts a été inscrit, soit 2,97 en moyenne par rencontre. En revanche, les scores nuls sont tombés de 25 % la saison dernière à 6 % aujourd’hui.

Outre-Manche, le supporteur de foot peut parier sur tout et n’importe quoi, du nombre de corners aux minutes s’écoulant avant le premier but en passant par le nombre de spectateurs. Jusqu’ici, les bookmakers ont su tirer profit de la popularité des paris sur le ballon rond, du développement de l’Internet et de l’apparition de très gros joueurs issus du monde de la finance.

« Il est désormais dans l’intérêt des clubs de gagner, et par le plus grand écart possible » affirme Stefan Szymanski, spécialiste du sport à la Cass Business School, évoquant un processus d’américanisation du football. Aux Etats-Unis, pour qu’un sport s’impose, il faut des points et de la pub, de la marque et des marques. Plus que jamais, les clubs anglais les plus riches imposent leur loi. Les propriétaires étrangers, les mécènes et les supporteurs de la classe moyenne exigent du spectacle. Ces pressions poussent les manageurs à privilégier l’attaque. Le contraste est saisissant entre la virtuosité des buteurs stars comme Wayne Rooney, Fernando Torres ou Didier Drogba, et la médiocrité des dispositifs défensifs, en particulier centraux.

En décourageant les tacles et le hors-jeu, l’arbitrage défavorise également les défenseurs besogneux. Pour se faire mousser dans les médias, ces derniers sont obligés de monter au créneau, au risque de rendre la cage plus vulnérable. Les vieilles valeurs d’Albion – force de caractère, conquête du ballon, performance collective – souffrent du règne de l’argent-roi.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, le nouveau ballon de l’équipementier Nike, le Total90 Ascente, choisi par la Premier League, est fait pour l’action. Son slogan publicitaire proclame: « Testé pour les attaquants, un cauchemar pour les gardiens de but ». Un spécialiste du graffiti aurait pu ajouter la mention « Et pour les bookmakers… »

Source: Le Monde

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