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Comment la loi a failli être rejetée par des députés socialistes cachés... C'est François Baroin qui l'a "sauvée"!
Posté par Julien Saint-Guillaume le 01/4/10
Panique à l'Assemblée! Petit à petit, puis par grappes entières, les députés socialistes ont regagné l'Hémicycle afin de rejeter la loi, mardi. Un "remake" du coup de Trafalgar qui avait abouti, en mai 2009, au rejet de la "loi Hadopi". Le Monde raconte:

Sans doute François Baroin eût-il rêvé entrée en matière plus éclatante. Et plus sereine, aussi. Pour sa première prestation au banc du gouvernement depuis sa nomination dans le gouvernement de François Fillon, le nouveau ministre du budget défendait en deuxième lecture, mardi 30 mars à l'Assemblée, le projet de loi sur l'ouverture des jeux d'argent en ligne.
Lors de la première lecture, en octobre 2009, il siégeait encore dans les rangs des députés de l'UMP. Il n'avait pas semblé témoigner d'un attachement excessif pour ce texte, qu'il avait néanmoins voté. Le ministre d'alors, Eric Woerth, expliquait vouloir "assécher l'offre illégale" en autorisant une "offre légale" et réglementée. La gauche y voit un "cadeau" à quelques opérateurs qui, pour la plupart, faisaient partie des invités de la fameuse "nuit du Fouquet's" après l'élection à la présidence de Nicolas Sarkozy.
M. Baroin aurait bien voulu ne pas être mêlé à la polémique. Il était en mission pour faire adopter définitivement un texte que la majorité a reçu pour consigne de voter conforme à la version issue du Sénat. Une formalité, en sorte. La réalité l'a rattrapé.
Tout avait pourtant commencé aimablement. Pour cette deuxième lecture, une trentaine de députés garnissent l'Hémicycle. A la tribune, le ministre du budget se contente de lire un texte reprenant point par point l'argumentation qu'avait soutenue son prédécesseur. Tout juste insiste-t-il pour que le dispositif soit opérationnel pour l'ouverture de la Coupe du monde de football, le 11 juin 2010. "Il est du devoir du gouvernement, grâce à ce projet de loi, d'offrir un cadre régulé et contrôlé aux Français qui, immanquablement, vont parier sur la victoire des Bleus, personne n'en doute ici", ironise-t-il. "Si", lance Aurélie Filippetti (PS, Moselle). "Vous n'avez peut-être pas tort", sourit M. Baroin, mettant les rieurs de son côté.
De retour à son banc, il devise avec Jérôme Cahuzac, nouveau président (PS) de la commission des finances, pour qui l'examen de ce texte constitue aussi un baptême du feu. Ces deux-là sont appelés à se revoir: autant engager des rapports de courtoisie.
C'est là que les choses se gâtent. Gaëtan Gorce (PS, Nièvre) vient d'achever son intervention demandant le rejet de ce texte. On passe aux explications de vote. Petit à petit, puis par grappes entières, les députés socialistes regagnent l'Hémicycle. Un "remake" du coup de Trafalgar qui avait abouti, en mai 2009, au rejet de la "loi Hadopi".
Panique à droite. Heureusement, M. Baroin, parlementaire expérimenté, n'est pas Christine Albanel, l'ancienne ministre de la culture qui s'était laissée piéger. Il demande opportunément une suspension de séance pour permettre à la majorité de battre le rappel de ses troupes. Mais déclenche en retour la fureur de l'opposition. "Ce n'est pas au ministre de dicter le fonctionnement de l'Assemblée. Vous n'êtes plus député", s'emporte Jean-Marc Ayrault, dénonçant une "tricherie". L'état de grâce du nouveau ministre aura été de courte durée.
Source: Le Monde

