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Expliquer aux parieurs potentiels « comment les cotes des bookmakers sont fixées »…

Publiée le 20 oct 2009 // Infos

L’excellent site Slate.fr publie un article qui explique « comment les cotes des bookmakers sont fixées ». Un exercice pédagogique salutaire à quelques mois de l’ouverture du marché…

Parier sur un match de foot, comment ça marche?

En attendant l’ouverture définitive du marché des paris sportifs, mettons-nous dans la peau des millions de Français qui auront dans quelques mois la possibilité de parier sur leur équipe favorite. Certains peuvent déjà le faire en toute légalité en passant par des sites anglais par exemple, qui proposent des paris sur les matches de Ligue 1. Avant de plonger et de flamber, il convient de comprendre comment se décide une cotation.

Prenons le match Lyon-Sochaux de ce samedi. Première étape, choisir son site de pari. Il en existe plusieurs dizaines au Royaume-Uni, et le marché français connaîtra la même multiplication des offres. Mais prenons un site au hasard. Les difficultés commencent pour les non-initiés en arrivant sur la page du match. On peut y lire: «Lyon 3/10; Draw [match nul] 4/1; Sochaux 10/1». Ces chiffres représentent la cote donnée par le bookmaker (l’établissement de pari) pour chaque résultat. Le premier chiffre indique le bénéfice que vous engrangerez en ayant misé le deuxième chiffre si votre pari s’avère gagnant.

Exemple: si vous misez 10 euros sur une victoire de Lyon, le bookmaker vous paiera votre mise +3 euros de bénéfice en cas de victoire. Si vous misez 5, votre bénéfice sera de 1,5. Lyon étant largement favori pour ce match, le bénéfice attendu est donc assez faible. En revanche, misez 10 sur Sochaux et vous empocherez 100 euros en plus de votre mise en cas de victoire sochalienne.
Il existe plusieurs manières de représenter une cote. Les cotes à l’anglaise, utilisées ci-dessus, s’écrivent sous forme de fraction. Mais elles peuvent aussi s’exprimer sous forme décimale: on effectue la division de la fraction, à laquelle on ajoute 1. La cote de Lyon (3/10) devient donc 1,3, celle de Sochaux 10/1 devient 11. Cette cote permet d’obtenir facilement la somme (mise + gain) que vous toucherez: il suffit de multiplier votre mise par le chiffre (x1,3 ou x10).

Fixation de la cote
La plupart des cotes sont aujourd’hui fixées selon des critères mathématiques. Pour des sports et des événements populaires, comme les matches de football, les cotes sont déterminées par des programmes informatiques qui prennent en compte des milliers de lignes statistiques: les matches des deux équipes sur les 10 voire 20 dernières années, les confrontations directes, la forme du moment (les 10 derniers matches par exemple), en incluant également le fait de jouer à domicile ou à l’extérieur.
Le facteur humain intervient aussi. Si l’attaquant vedette de Lyon est blessé, la donnée est rentrée manuellement dans le programme. La cote pour les grands matchs de football ou les grandes courses de chevaux par exemple est en général sensiblement la même chez tous les bookmakers: ils ont tous plus ou moins les mêmes logiciels mathématiques et les données et facteurs autour de l’évènement sont connus de tous les spécialistes. Une fois la cote fixée, elle entre en confrontation avec le marché, c’est-à-dire les parieurs.

Confrontation avec le marché
Les bookmakers emploient plusieurs types de spécialistes: ceux qui déterminent les côtes et ceux qui les adaptent au marché (traders).Pour les férus d’économie et de finance, cette deuxième phase est très simple: c’est la loi de l’offre et de la demande. Le marché des paris marche comme une place boursière, sauf que les traders ne sont pas des intermédiaires: ils travaillent pour les bookmakers et adaptent les cotes de leur employeur en fonction des paris placés.

Le but de tout bookmaker dans un pari à deux sens (match de football par exemple) est que la même somme d’argent soit misée sur les deux côtés du pari. Si un bookmaker reçoit beaucoup plus de paris sur une victoire de Lyon que sur celle de Sochaux, il sait que sa cote d’origine était trop généreuse pour la victoire de Lyon. Le «book» réajuste sa cote pour que plus de parieurs misent sur Sochaux en rendant le risque plus rémunérateur. Il faut en général un ou deux jours pour qu’une cote s’ajuste au marché et se rapproche de la cote optimale.
Cela explique pourquoi les cotes varient selon les bookmakers. Ainsi, la victoire de Sochaux, cotée à 10/1 dans établissement A, est cotée à 7/1 chez un autre (B), un pari bien moins attractif. Si vous tenez à jouer de Sochaux, vous avez bien davantage intérêt à miser chez A. Il y a également de bonnnes chances que la cote du club doubiste baisse d’ici le match chez A, ou augmente chez B. Mais ce que vous avez misé à 10/1 restera à 10/1 même si la cote change ultérieurement.

Paris «spéciaux»
Les cotes ne sont pas toujours issues de calculs complexes et rationnels. Les cotes des paris «spéciaux», qui permettent de miser sur des sujets aussi divers que la politique ou encore le temps qu’il fait, sont fixés de manière entièrement manuelle, et reflètent l’appréciation des bookmakers. Il est ainsi possible de miser dès aujourd’hui sur l’élection du prochain président des Etats-Unis: Barack Obama est de loin le favori avec une cote à 1,73 chez William Hill, loin devant Sarah Palin (11) ou encore Hillary Clinton (13). Paddy Power, bookmaker irlandais connu pour ses paris excentriques, propose une liste de candidats plus élargie que son confrère: pariez sur Paris Hilton et vous recevrez 1000 fois votre mise en cas de victoire aux élections présidentielles américaines de 2012. Laura Bush a la même cote, tandis que Will Smith, considéré comme un candidat plus crédible, est coté à 251.

Ces paris saugrenus viennent d’un principe simple: la plupart des «bookies» essaient de donner une cote à tout pari proposé par ses clients. Le pari sur Paris Hilton présidente a été proposé par un client, qui a misé un euro dessus une fois la cote déterminée par l’établissement.
Et les parieurs ont évidemment de l’imagination: il est possible de miser sur le premier président permanent du Conseil Européen (Tony Blair est largement favori, tandis que Jacques Chirac est à 34), le sexe des protagonistes du premier mariage homosexuel en Irlande (deux hommes, deux femmes ou deux transsexuels), sur le fait qu’il neige à Noël à Londres ou encore sur qui sera l’auteur du Single le plus vendu lors des fêtes de d’année.

Mais parier sur tout et n’importe quoi peut provoquer des incidents diplomatiques. L’ambassade américaine en Irlande a fortement réagi en novembre 2008 à un pari intitulé «Obama ne terminera pas son premier mandat de président», et pour lequel le bookmaker avait confirmé qu’il paierait ses clients si le président était assassiné.

Source: Slate.fr

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