Football: les sites de paris jugent la Ligue de football professionnel (LFP) beaucoup trop gourmande
Après la Coupe du monde de football, les sites de paris sportifs sur Internet ont une nouvelle date-clé en ligne de mire. En l'occurrence samedi 7 août, jour du coup d'envoi de la saison du championnat de France de football de Ligue 1, résume Le Monde.
Une compétition stratégique car synonyme d'afflux, tout au long de l'année, de parieurs amateurs de ballon rond.
Le PMU a brûlé la politesse à ses concurrents en proposant aux internautes les cotes des matches de la première journée de championnat de France dès la mi-juillet. Vendredi 23 juillet, c'était au tour de la FDJ (ex-Française des jeux) et de Sajoo (groupe Amaury) d'entrer dans le jeu. Les autres devraient suivre. Non sans grincer des dents. Le site Bwin, qui avait aussi mis en ligne ses cotes pour la Ligue 1 vendredi, a dû les retirer, n'ayant pas encore signé le contrat l'y autorisant.
En effet, le contrat-cadre que doivent signer les sites de paris avec la Fédération française de football (FFF) et la Ligue de football professionnel (LFP), avant d'ouvrir boutique, a donné lieu à des débats houleux. La loi française d'avril, qui a fixé le cadre de l'ouverture à la concurrence du marché des jeux d'argent sur Internet, a reconnu aux fédérations sportives françaises et aux organisateurs de compétitions en France un droit au pari. Une première.
Selon la loi, tous les sites voulant proposer des paris sur ces compétitions doivent verser un pourcentage des mises aux organisateurs. Sans plus de précision sur le montant du reversement. Le contrat doit aussi spécifier les événements sportifs qui donneront lieu aux spéculations des parieurs.
Le droit au pari n'a jamais été bien perçu par les nouveaux entrants, qui considèrent qu'il grignote leur marge. La question ne s'est pas posée pour la Coupe du monde de football, organisée par la Fédération internationale de football (FIFA) et se déroulant en Afrique du Sud. Le débat s'est ouvert avec la Fédération française de tennis (FFT), qui revendiquait un droit sur les matches de Coupe Davis se déroulant en France en juillet. Un montant de reversement de 1,5% a été évoqué.
Certains sites, comme BetClic ou Sajoo, ont fait l'impasse et n'ont donc pas proposé à leurs internautes de parier sur cette compétition. De même pour les 24 Heures du Mans. "Les conditions étaient inacceptables", affirme Isabelle Parize, de Mangas Gaming, propriétaire de BetClic, qui a fini par signer "avec réserve" le contrat proposé par Amaury Sport Organisation (ASO) pour le Tour de France.
Mais l'essentiel de l'attention des acteurs du jeu d'argent sur Internet s'est portée sur les négociations avec la LFP et la FFF. Et pour cause. "Le football devrait représenter de 70% à 75% de notre activité, et le football national entre 40% et 50%", estime Olivier Ou Ramdane, directeur général d'EurosportBet.
La filiale de TF1 n'a pas encore signé, mais ne voit pas comment elle pourrait faire l'impasse sur l'événement. Le contrat couvre les matches de Ligue 1, de Ligue 2, de la Coupe de France à partir des 32es de finale, de la Coupe de la Ligue et les matches qualificatifs de l'équipe de France pour les grandes compétitions, et ce pour cinq ans.
Le PMU, en signant, a fixé le montant des reversements à 1% des mises. La FDJ a suivi. A noter que le PMU et la FDJ sont respectivement partenaires de la FFF et de la LFP. Sajoo a donc choisi à son tour d'obtempérer, tout en réfléchissant à un éventuel recours juridique.
BetClic et Bwin n'ont pas signé, mais proposent des paris sur le Trophée des champions qui opposera mercredi l'Olympique lyonnais à l'Olympique de Marseille. Pourquoi? Parce que le match, bien qu'organisé par la Ligue, se déroule à Tunis. La question de la territorialité du droit au pari est apparue dans les débats. Elle devra être tranchée avec l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel).
Source: Le Monde


