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Il sera bientôt possible de spéculer sur les succès du box-office aux Etats-Unis

Publiée le 16 mar 2010 // Enquêtes-Etudes, Infos

La maison de courtage Cantor Fitzgerald va lancer en ligne un marché de contrats à terme où studios de cinéma, institutions financières et spectateurs pourront miser sur le nombre d’entrées en salles des films, rapporte le quotidien Les Echos.

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Combien auriez-vous parié sur le succès d’un film de 2h40, mettant en scène des humanoïdes bleus qui chevauchent des créatures mi-dragon, mi-cheval pour préserver leur planète des méchants Terriens? Avant la sortie en salles d’Avatar, s’il avait été possible de spéculer sur les chiffres d’entrée du long-métrage de James Cameron, les fans auraient pu se faire une fortune avec son succès planétaire.

Ce genre de pari sera possible dès le 20 avril aux Etats-Unis avec le lancement, sur Internet, de Cantor Exchange, un véritable marché où placer de l’argent, sous forme de « futures » (contrats à terme), sur le succès de long-métrages avant leur sortie. La maison de courtage financier Cantor Fitzgerald vient en effet d’obtenir des autorités de régulation américaines l’autorisation de lancer ce marché qui sera ouvert aussi bien aux studios de cinéma qu’aux institutions financière et aux fans du septième art.

L’idée n’est pas nouvelle. Il existe, depuis 1996, un site internet baptisé « The Hollywood Stock Exchange » où les internautes peuvent miser des dollars fictifs sur les résultats du box-office… un site que Cantor Fitzgerald a d’ailleurs racheté en 2001. Mais cette fois-ci, les investisseurs placeront de l’argent réel dans des contrats à terme. Ceux-ci coûteront 1 dollar pour chaque million de dollars que le film est censé rapporté (chiffre déterminé par les traders) pendant ses premières semaines d’exploitation.Concrètement, s’il est déterminé qu’un « blockbuster » engrangera 100 millions de dollars au box-office, le contrat sur celui-ci sera vendu 100 dollars. Et si le film dépasse les 100 millions, pour attendre par exemple 180 millions de dollars, l’investisseur empochera 80 dollars.

« Je travaille dans le domaine des futures depuis longtemps, a déclaré Richard Jaycobs, président de Cantor Exchange, au New York Times. Aucun des produits (coton, dérivés) sur lesquels j’ai travaillé n’a selon moi le potentiel que présente le box-office américain. » Les studios de cinéma doivent s’en frotter les mains à l’avance. En 2009, le box-office américain a dépassé pour la première fois les 10 millions de dollars sur un an. L’année a aussi été celle de la sortie du film record « Avatar », qui a déjà engrangé plus de 2,6 milliards de dollars dans le monde. Les studios pourront par exemple vendre des contrats concernant des films auxquels ils croient. Un bon filon, aussi, pour doubler les revenus des films à succès ou limiter leurs pertes des flops cinématographiques. L’idée semble avoir de l’avenir, puisqu’un projet similaire est en préparation dans les bureaux de la start-up américaine Media Derivatives, qui espère obtenir de son côté obtenir son autorisation d’ouverture avant fin mars.

Source: Les Echos

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