Interdire le marché aux groupes médias?
Le président du CNOSF, Comité national olympique et sportif français, demande que le marché des jeux en ligne soit interdit à Amaury, Canal+ et aux grands groupes médias en général. Ses explications, dans le quotidien Les Echos de ce matin...
Article publié dans Les Echos de ce matin:
Jeux en ligne : le Comité olympique veut prévenir les conflits d’intérêts
Globalement satisfait du projet de loi sur l’ouverture du marché des jeux en ligne qui sera présenté au Parlement en septembre, Denis Masseglia, le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) fait aujourd’hui des propositions complémentaires visant à limiter les conflits d’intérêts potentiels de cette nouvelle activité. "Je ne sais pas si cela doit être inscrit dans la loi, mais je crois qu’en la matière il faut être maximaliste", explique-t-il. Pour lui, un organisateur sportif, public ou privé, ne peut pas être en même temps opérateur de jeux. Le projet interdit aux fédérations, ligues ou entreprises, comme Amaury Sport Organisation, d’organiser des paris sur leurs propres compétitions. "Je pense qu’il faut élargir cet interdit à l’ensemble des compétitions, car il peut y avoir des liens non apparents entre plusieurs organisateurs", souligne Denis Masseglia. Le cas se pose avec le groupe Amaury, qui compte lancer Sajoo.fr et qui détient le Tour de France. Les responsables de l’entreprise ont déjà exclu de proposer des jeux sur leurs événements sportifs, mais, bien sûr, pas sur les autres. Le président du CNOSF s’inquiète aussi du sponsoring: "Il faut que les contrats liant opérateurs et ligues ou équipes stipulent que les premiers n’interviendront pas dans le déroulement des compétitions, et que les seconds ne soient pas rémunérés sur les bénéfices des sociétés de paris." Dans le même ordre d’idées, Denis Masseglia souhaite que les opérateurs ne puissent être actionnaires de clubs. Ce dernier soulève enfin une question: "Alors que l’on interdit aux fédérations et ligues de s’associer en exclusivité à un opérateur, faut-il le permettre aux médias qui diffusent les matchs, notamment à ceux qui disposent eux-mêmes de droits exclusifs?" "Il faut éviter toute forme de confusion", résume-t-il.
Les télévisions, dont Canal+, et les radios qui ont déjà signé des accords commerciaux avec des
sociétés de jeux sont concernées.

