Interview de Michel Abécassis (Winamax): « Nous souhaitons la suppression pure et simple du prélévement préflop »
Michel Abécassis, directeur éditorial de Winamax, joueur du Team Pro Winamax et animateur de Wam-poker.com, a été rédacteur en chef adjoint du magazine Elle. Il répond ici aux questions d’un blog, le blog poker de CelticTouch:
La loi ARJEL, de quoi s’agit-il exactement?
L’Etat Français a décidé de réguler le marché du poker en ligne. Jusqu’alors le monde du poker en ligne était une jungle où se mélaient toutes sortes de sites. Aujourd’hui les sites habilités à fournir ces prestations et à communiquer sont en échange soumis à un énorme cahier des charges (plusieurs centaines de pages) garantissant sécurité, intégrité, et lutte contre l’addiction. L’Arjel, organisme indépendant, veille à la mise en application de cette loi. A noter qu’avec cette loi, l’état met fin au monopole de la Française des jeux et du PMU.
Concrètement, comment cette loi lutte-t-elle contre l’addiction?
Outre la mise en place d’un bandeau Addictel, l’Arjel oblige les sites à mettre en place des alertes statistiques. Chaque joueur devant donner un plafond de mises hebdomadaires par exemple. Chez Winamax, nous avons décidé d’aller plus loin en proposant une auto-exclusion temporaire ou définitive du site, et très bientôt une limitation de durée de jeu quotidienne ou hebdomadaire. Winamax, mise également sur la prévention en proposant des articles, des vidéos et n’hésite pas à écrire et même à téléphoner aux joueurs présentant un comportement déviant.
Chaque loi amène contents et mécontents. Qui est qui dans ce contexte?
Une partie des joueurs a exprimé son mécontentement devant la hausse des prélévements (pris par l’Etat), le cloisonnement entre français, et la limitation du nombre de variantes autorisées. De son côté l’état a permis de réguler ce marché, d’en contrôler la fiscalité et d’en tirer un bénéfice.
L’augmentation des prélévements est donc assez conséquente. Chez Winamax, nous avons décidé d’absorber une partie des prélèvements sur les revenus du site. Nous souhaitons proposer un programme de loisir, à destination principalement de joueurs amateurs et nous avons donc fait ce choix, au détriment d’un programme de fidélité poussé il faut le reconnaitre.
Quant au cloisonnement, on peut émettre l’hypothèse qu’il est compensé par un niveau général plus faible qu’auparavant. Pour l’absence de certaines variantes, il faut bien comprendre que pour chaque variante, le réglement prend plusieurs centaines de pages. Pas un détail, pas un fait de jeu n’est éludé. Tout est écrit noir sur blanc et pour le moment seuls le Texas Holdem et le Omaha ont été validés.
Comment envisagez-vous l’avenir du poker en ligne en France?
Sereinement dans la mesure où les sites de poker sont performants. Les investissements publicitaires amènent une nouvelle clientèle à qui nous essayons d’inculquer «l’esprit Winamax»: le poker doit rester un jeu pratiqué de manière raisonnée. Nous en saurons également davantage dans dix huit mois puisque la loi Arjel a prévu dans ses textes un bilan, voir même une révision après cette période, ce qui est inédit dans une loi. Aujourd’hui, ce que nous souhaitons, c’est la suppression pure et simple du prélévement préflop.
Source: Le blog poker de CelticTouch













