Interview de Patrick Bruel (Winamax): « Le poker en ligne est un loisir comme un autre »
Winamax, basée à Londres, est une entreprise détenue par quatre actionnaires français de renom, rappelle L’Express: Marc Simoncini, fondateur de Meetic, Alexandre Roos et Christophe Schaming, anciens de Caramail, Patrick Bruel, enfin, qui a popularisé le poker en France. Et défend la légalisation de la pratique en ligne. Interview.

Qu’attendez-vous de l’ouverture du marché des jeux en ligne?
Cela va nous permettre de faire de la publicité et de ramener les équipes en France. D’ici à la fin de 2010, Winamax aura une centaine de salariés à Paris. Cela va aussi donner une visibilité au secteur et permettre un contrôle des activités: il faudra remplir un cahier des charges assez solide, avec pas mal de conditions sur la lutte contre le blanchiment et l’addiction. Winamax est d’ailleurs en train d’intégrer à sa nouvelle plate-forme technique tout un dispositif anti-addiction.
Comprenez-vous la levée de boucliers que suscite chez certains le projet de loi?
Ces gens là auraient dû lever leurs boucliers beaucoup plus tôt car cela fait des années que la Française des Jeux fait de la publicité de façon offensive et addictive! De toute façon, l’ouverture du marché est depuis longtemps effective. Et il ne faut pas diaboliser: la plupart des joueurs misent de petites sommes, aux alentours de 20 euros. Ce n’est ni plus ni moins qu’un loisir, comme aller au cinéma. Ce qui est important, aujourd’hui, c’est la régulation : on instaure un code de la route, cela évite que les gens fassent n’importe quoi avec leur voiture. Sans régulation, les sites étrangers faisaient la loi et l’Etat français ne récupérait pas un centime!
La légalisation va-t-elle, selon vous, faire exploser le marché?
On estime entre 500.000 et 700.000 le nombre de joueurs de poker en ligne en France. Sur Winamax, nous avons 150 à 180.000 joueurs actifs et pas loin d’un million d’inscrits. Surtout, nous avons créé une vraie communauté: les gens viennent échanger des coups, des impressions, regarder des vidéos, il y a toute une dimension pédagogique. Dans notre team, nous avons quatre à cinq des meilleurs joueurs mondiaux, ce qui est très attractif. Aucun autre site n’offre une telle communauté et une telle équipe. Mais la concurrence sera rude, ceux qui sont leaders dans le monde vont naturellement essayer de le devenir en France.
Pourquoi avoir investi dans Winamax?
Il y a quelques années, j’ai été très courtisé par de nombreux sites pour y accrocher mon image. Ce qui m’a plus chez Winamax, c’est de participer à la naissance de l’aventure. J’ai d’abord engagé mon image, puis je suis entré au capital en même temps que Marc Simoncini et deux des fondateurs de Caramail. C’était pour moi un gage de sérieux. Eux sont des pros du net, moi un passionné de poker, c’était séduisant de travailler ensemble.
Source: L’Express












