Interview de Philippe Germond (PMU): « Notre budget publicitaire va croître d’environ 50% » et « nous n’allons pas perdre de part de marché sur le pari hippique »
Philippe Germond, PDG du PMU annonce qu’il va augmenter de 50% son budget publicitaire dans un entretien (en vidéo) accordé au magazine Challenges. Il confie: « Nous n’allons pas perdre de part de marché sur le pari hippique. L’enjeu est d’en gagner sur les nouvelles activités. »
Serez-vous prêt pour la Coupe du monde de football?
Nous avons tout fait pour l’être. Notre site est opérationnel. Notre dossier d’agrément de 7.000 pages a été déposé devant l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel). Nous attendons une réponse pour début juin.
Vous êtes une trentaine sur la ligne de départ. Vos concurrents vous reprochent, en tant que société sous monopole, d’avoir été favorisé par le législateur.
Cette loi est appelée, à tort, loi d’ouverture du marché des paris en ligne; en réalité, ce texte est là pour encadrer davantage un marché qui était dérégulé, avec des sites Internet qui opéraient en toute illégalité. Désormais nous aurons une offre élargie dans un environnement sécurisé grâce à des règles communes.
Quel sera le tiercé gagnant des opérateurs de paris dans un an?
J’ai l’intime conviction que ce marché pourtant très grand public n’offrira de place qu’à un nombre limité d’acteurs. S’il existe aujourd’hui quelques dizaines de candidats potentiels, je suis prêt à prendre le pari que dans deux ans il n’en restera plus que quatre ou cinq. Ce secteur est plus technique et bien moins rémunérateur qu’on peut l’imaginer. Nous serons dans les trois premiers et peut-être pas le troisième.
Ne craignez-vous pas que les paris hippiques soient étouffés par l’attractivité des paris sportifs et du poker?
Nous n’allons pas perdre de part de marché sur le pari hippique. L’enjeu est d’en gagner sur les nouvelles activités. L’activité hippique doit rester un sport populaire pour les Français. Contrairement à nos voisins européens qui ont vu leur marché hippique s’effondrer, la France conserve d’importants atouts, avec une qualité d’élevage et une vraie culture de la course.
Vos joueurs traditionnels sont pourtant déjà attirés par les nouvelles offres…
Nous avons 1,8 million de clients sur le poker en ligne et 40% de nos parieurs hippiques nous disent déjà jouer à des paris sportifs. Cela n’a pas empêché le PMU en 2008 comme en 2009 de connaître une croissance significative sur le pari hippique dans un environnement pourtant très dégradé.
Pensez-vous que nous allons assister à une surenchère publicitaire, comme celle que nous avons connue pour l’ouverture du marché des renseignements téléphoniques?
Cela sera, en effet, assez similaire. La télévision, la presse, la radio et Internet devraient bénéficier de cette future bataille. L’enjeu pour le PMU est de faire savoir au public que nous sommes aussi dans les paris sportifs et le poker.
Quel dispositif avez-vous mis en place?
Tout est prêt. Nous avons déjà réservé de l’espace publicitaire et passé un certain nombre de partenariats médias et sportifs. Nous serons un sponsor majeur de la Fédération française de football après la Coupe du monde pour quatre ans. Notre budget publicitaire va croître d’environ 50% par rapport à l’année dernière, soit environ 8 millions d’euros supplémentaires.
Votre statut de société en GIE est-il un frein pour procéder à des acquisitions à l’international?
Ce n’est pas un frein aujourd’hui, puisque notre priorité est le développement en France. Notre statut en GIE nous interdit de nous endetter. Pour procéder à des acquisitions, cela peut effectivement devenir un obstacle. Mais le marché n’est pas encore entré dans une phase de consolidation. La révision de notre statut n’est donc pas un sujet dans l’immédiat.
Vos nouvelles activités dans le pari sportif et le poker ne vont-elles pas vous obliger à changer de nom?
Non. Le PMU dispose d’un taux de notoriété de 97%, nous allons capitaliser sur cette marque.
Source: Challenges













