Serge Lecomte: « Nous attendons des opérateurs qu’ils mettent en place des systèmes de paris de qualité sur les compétitions équestres »
Serge Lecomte, président de la Fédération Française d’Equitation, évoque avec nous l’impact de l’ouverture du marché des paris sportifs sur la filière hippique.
La passion des Français pour le cheval ne se réduit évidemment pas aux courses. Quel est aujourd’hui le poids de la Fédération Française d’Equitation?
La Fédération Française d’Equitation, ce sont 5.000 centres équestres ouverts au public et 700.000 cavaliers qui prennent la licence FFE. L’équitation est un secteur en pleine évolution. En 1985, il y avait moins de 150.000 licenciés, soit une progression de plus de 350% en 25 ans.
L’équitation est le premier employeur du monde sportif en France et le moteur de la filière cheval.
Quel regard portez-vous sur l’ouverture du marché? Est-ce une bonne nouvelle pour les passionnés de chevaux?
C’est une évolution, pas une révolution. L’espoir est que des fonds des paris permettent de développer davantage l’équitation et donc toute la filière. Les paris sportifs devront pouvoir soutenir l’effort des organisateurs de compétitions et renforcer les dotations qui permettent à nos cavaliers de figurer parmi les meilleurs du monde.
De plus, cela doit faire connaître davantage les sports équestres aux Français, élargir notre public et démontrer que l’équitation peut être à la fois un jeu de hasard et de réflexion.
En quoi cette ouverture sera-t’elle une opportunité pour la FFE?
Les réunions préparatoires ont été l’occasion de réfléchir aux phases de la compétition et aux disciplines non appréciées qui offrent le meilleur champ aux paris. Cela a engagé la réflexion sur les formats de compétition et leur versant spectacle à suspense.
La très bonne image du cheval auprès du public motive nombre d’opérateurs à choisir l’équitation parmi les premiers sports sollicités pour entrer dans la logique de paris sportifs.
Envisagez-vous de collaborer avec les futurs opérateurs de jeux? Qu’attendez-vous d’eux?
Oui, ils sont incontournables et doivent bien sûr nous amener à plus d’innovation. Nous n’imaginons pas qu’ils vont révolutionner l’équitation, mais la confrontation avec des entrepreneurs formés dans d’autres cultures est toujours enrichissante. Nous attendons qu’ils mettent en place des systèmes de paris de qualité où parieurs, organisateurs de compétition et cavaliers sont dans un échange gagnant-gagnant en toute lisibilité.
Qu’est-ce qui caractérise la communauté des cavaliers par rapport au net?
Outre qu’ils sont des passionnés d’équitation et qu’ils entraînent le plus souvent l’ensemble de leur famille dans leurs goûts, ils témoignent d’une curiosité permanente du net vérifiable chaque jour par le nombre de connexions qui place le site de la fédération à un des meilleurs niveaux de fréquentation. Les cavaliers font depuis des années toutes leurs opérations concours directement sur internet.
La Fédération dispose-t-elle de moyens informatiques pour suivre, gérer et contrôler les compétitions équestres?
Oui. Les concours sont déclarés sur internet. Les engagements se font sur internet. Les résultats sont enregistrés directement et consultables sur internet et des classements permanents ajustables par cavalier, cheval, couple, discipline, niveau d’épreuve sont mis à jour en temps réel après chaque concours.
Existe-t-il un trafic important entre la fédération et la communauté du cheval? En existe-t-il d’autres que celui de la FFE?
Le trafic le plus important se fait avec FFE.com, 315 millions de pages vues en 2009. L’ensemble des cavaliers réalise un contact direct avec la FFE et aussi au travers de son réseau régional et local via les 5.000 clubs qui accueillent du public.
Comment l’image du cheval peut-elle servir l’intérêt du public à vouloir participer aux paris sportifs équestres?
S’informer sur les chances des chevaux oblige à suivre les circuits de compétition, mais suivre les circuits incite à parier, parce qu’on croit à sa chance. Le facteur sympathie du public pour le cheval, bien démontré par l’enquête SOFRES de 2008, montre qu’un Français sur 2 s’intéresse aux chevaux.
Comment allez-vous réussir à conjuguer la promotion des paris sportifs avec les valeurs éducatives et sportives du cheval?
Ce n’est pas le même registre. Les paris sont liés au plaisir du pronostic gagnant. La pratique est liée aux bienfaits que procure l’activité au pratiquant. Quant aux valeurs sportives, elles résultent de la recherche de l’excellence : gagner, c’est d’abord savoir se dépasser, donc bien se préparer. Les paris vont donner plus de goût à la victoire pour les cavaliers eux-mêmes.
Quelle est la place du cheval dans la société française?
Celle d’un compagnon de loisir et d’un auxiliaire de travail. Le cheval permet à près de 2 millions de Français de vivre occasionnellement ou régulièrement leur passion de monter à cheval, pour l’apprentissage, le sport ou le transport. Le cheval retrouve de nombreux usages d’autrefois, débardage, entretien des espaces verts, gardiennage, …
C’est évidemment la pratique sportive qui lui donne le plus d’importance avec 120.000 cavaliers compétiteurs, dont 3.500 professionnels qui participent à 15.000 compétitions par an, soit plus de 250 chaque week-end. 1.200.000 participations en compétition portent l’équitation à la place de 3e sport olympique français derrière le football et le tennis. L’explication est que le cheval s’’inscrit parfaitement dans les aspirations de notre société à la recherche d’activités «pédago-ludo-nature».
La Fédération Française d’Equitation
Au travers des Clubs qui sont ses adhérents, les missions statutaires de la FFE portent sur la délivrance des licences, l’organisation des formations et la délivrance de diplômes fédéraux, l’élaboration des règlements sportifs et le Haut Niveau dans les différentes disciplines équestres.












