L’avenir du groupe Partouche suscite de plus en plus d’interrogations, les prochaines échéances étant incertaines
L’augmentation de capital du casinotier ne lui a permis de lever que 3 millions d’euros de cash, sur les 25 millions espérés. Il risque de devoir accélérer sa restructuration pour faire face à ses remboursements d’emprunts, expliquent Les Echos.
Le résultat de l’augmentation de capital de l’exploitant de casinos Groupe Partouche, dont les actions nouvelles commençaient leur cotation vendredi, suscite des questions sur son avenir: seulement 2,8 millions d’euros de cash ont été levés, sur les 25 millions espérés. S’y ajoute la conversion par la Financière Partouche (le holding familial non coté actionnaire majoritaire) de 74,6 millions d’euros de créances, sur la base de 2 euros par action.
Ce pan de l’opération était assuré, puisque la Financière Partouche avait garanti à 75% cette opération, d’un montant initial de 100 millions, et possédait une avance d’actionnaire à convertir à cet effet. Cela réduit l’endettement du numéro deux des casinos français et porte la détention par Financière Partouche de 67% à 81% du capital, mais ne constitue pas de l’argent frais pour le groupe, aux prises depuis 2008 avec des pertes nettes qui ont doublé en 2009, pour atteindre 17 millions d’euros (en part du groupe).
Cela ne résout pas non plus son problème d’endettement. «Il a une importante échéance de remboursement en octobre 2011, de 100 millions d’euros, rappelle un analyste. Il va être difficile de la renégocier: il a déjà renégocié 300 milllions d’euros de crédit l’an dernier, en s’engageant vis-à-vis des banques à effectuer pour 100 millions d’euros de cessions et pour l’heure il a cédé… à peu près zéro.» Problème: qui va acheter les petits casinos déficitaires de Partouche? Car c’est le secteur dans son ensemble qui se déba avec une désaffection croissante de la clientèle.
Un secteur en proie à la crise
Au niveau national, le produit brut des jeux des casinos français (les mises des joueurs, nettes de ce qui leur est reversé) a baissé de 7% en 2008, de 8% l’an dernier (– 7% en nombre de visiteurs) et continue de reculer cette année. L’intérêt pour les machines à sous (qui constituent aujourd’hui plus de 90% du produit brut des jeux) s’est érodé, l’obligation depuis novembre 2006 d’un contrôle à l’entrée n’a pas amélioré les choses. L’interdiction de fumer, depuis janvier 2008, a ensuite fait perdre à la profession de 10 % à 15 % de sa clientèle, la crise économique s’est ajoutée au tout, ainsi que la légalisation cette année des jeux en ligne. Si les grands casinos situés dans des bassins de population importants parviennent encore à absorber leurs coûts fixes de personnel, ce n’est plus le cas pour les petites structures situées dans des zones faiblement urbanisées. Or Partouche en possède une plus grande proportion que son principal concurrent, le groupe Lucien Barrière. Il a amorcé une restructuration avec les mises en redressement de deux petits casinos en pertes à Grasse et à Beaulieu, mais « il faudrait en fermer un bon tiers, qui sont invendables car impossible à restructurer, estime cet analyste. Or les décisions sont dures à prendre car le groupe est familial».
L’échéance de remboursement bancaire de l’an prochain rend nécessaire d’accélérer les prises de décision. «Sans cash frais, le management du groupe dispose de deux options, qui peuvent se succéder: accélérer la restructuration du groupe et procéder à une nouvelle augmentation de capital, à un prix supérieur, dans les douze mois.» , estime le CM-CIC dans une note de réaction à l’augmentation de capital, en calculant que la fermeture du quart des établissements pourrait économiser de 20 à 30 millions d’euros par an de coûts d’exploitation.
Pour sortir de l’impasse, Partouche va devoir annoncer une stratégie. Contacté par «Les Echos», il n’a pas souhaité commenter dans l’immédiat ses perspectives. On rappellera néanmoins que le groupe s’est finalement lancé dans les jeux en ligne. Il a obtenu une licence de poker le 25 juin dernier. Vendredi, son cours a clôturé à 1,86 euro (en hausse de 2,20 %). Pour mémoire, la famille avait refusé en 2007 une offre de rachat à 21,50 euros l’action.
Source: Les Echos













