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La gronde des patrons de médias contre le CSA prend une ampleur sans précédent

Publiée le 10 mai 2010 // Droit-Législation, Enquêtes-Etudes, Infos

Le CSA a annoncé qu’il rendra entre le 1er et le 15 juin (c’est-à-dire au dernier moment) ses conclusions sur les conditions dans lesquelles les opérateurs de jeux en ligne pourront faire de la publicité et des parrainages à la radio et télévision. Mais les patrons des grands médias ne veulent rien négocier et sont furieux contre le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

csa

Première du genre, Nonce Paolini, de TF1, Nicolas de Tavernost, de M6, Bertrand Meheut, de Canal+, Christopher Baldelli, de RTL, Jean-Paul Baudecroux, de NRJ, Alexandre Bompard, d’Europe1, et Alain Weill, de NextRadioTV, se sont rendus au CSA pour dire aux sages du quai de Javel qu’ils refusaient catégoriquement leurs propositions concernant la publicité des jeux en ligne à la télévision et à la radio.

Forts déçus de ne pas avoir vu le président de l’autorité de régulation, Michel Boyon, diriger cette réunion solennelle, ils ont rappelé, «de manière très vive», aux deux conseillers présents, Emmanuel Gabla et Françoise Laborde, que le CSA dépassait de loin l’esprit de la loi adoptée sur l’ouverture des jeux en ligne. Ils se sont plaints de l’absence de concertation.

L’organisme de régulation, qui entend protéger le jeune public, propose pour la télévision comme pour la radio, des interdictions horaires de publicité allant notamment de 5 heures à 22h30 avec dans l’une des options des autorisations exceptionnelles, à l’occasion des retransmissions sportives, hippiques, ainsi que cinq minutes avant et après ces programmes.

Mais les chaînes comme les radios s’y opposent et n’entendent pas négocier. Leur position aurait été confortée par un courrier envoyé, cette semaine, au CSA par le sénateur UMP de Toulon François Trucy, rapporteur du projet de loi, qui met en garde l’organe régulateur d’une interprétation abusive du texte. De fait, toutes les parties associées à la consultation publique – annonceurs, télévisions, radios et opérateurs de jeux en ligne – plaident désormais pour une autorégulation qui se limiterait à la suspension des écrans publicitaires autour des émissions pour la jeunesse et sur les chaînes jeunesse.

De plus, la radio propose de définir des tranches horaires jeunesse autour desquelles serait interdite la publicité pour les jeux en ligne. Mais les opérateurs sont clairs: «Hors de question de confondre jeunesse et mineurs». Pour calmer le jeu, Emmanuel Gabla, qui pilote le dossier depuis peu, a répété à l’envi que «des modifications substantielles» pourraient être apportées aux propositions du CSA. Cette souplesse ira-telle jusqu’à la suppression de ses propositions?

En outre, l’AFP rapporte que le Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA) rendra entre le 1er et le 15 juin ses conclusions sur les conditions dans lesquelles les opérateurs de jeux en ligne pourront faire de la publicité et des parrainages à la radio et télévision.

Le gendarme de l’audiovisuel avait lancé le 23 avril une consultation publique sur le sujet. Cette consultation propose plusieurs options aux opérateurs de jeux en ligne. Pour la télévision, elle en soumet trois. Selon la première, toute publicité et parrainage seront interdits de 6 à 9 heures, de midi à 14 heures et de 17 heures à 21 heures les lundi, mardi, jeudi et vendredi; et les mercredi de 6 heures à 23 heures.

Selon la deuxième option, la publicité sera interdite à la TV de 5 heures à 22H30 et la troisième propose d’interdire la publicité sur cette même tranche, mais accorde des autorisations exceptionnelles à l’occasion des retransmissions sportives, hippiques, ainsi que cinq minutes avant et après ces programmes.

Pour les radios, le CSA a soumis deux options. Selon la première, la publicité est interdite de 17 heures à minuit. La seconde option est plus souple, car si la publicité est interdite de 17 heures à minuit, des autorisations sont envisagées lors de la retransmission de compétitions sportives, de courses hippiques ainsi que cinq minutes avant et après ces programmes.

En outre, le CSA préconise que tous les messages publicitaires respectent les lois sur la protection des mineurs. Selon une première option, les messages ne doivent pas « laisser penser que les mineurs peuvent jouer ». Une autre option propose de mentionner dans tous les messages publicitaires télévisés que ces jeux sont interdits aux mineurs.

Sources: Le Figaro (édition imprimée) et AFP

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