Ladbrokes pleure en Norvège… Tout le monde rit au Danemark
A travers les récentes décisions en Norvège et au Danemark, l’écrivain Christophe Donner met en lumière les incohérences de l’Europe en matière de jeux d’argent. Savoureux…
Lu sur le site Parier c’est Donner:
Dans le monde des paris, il n’est plus un jour où une bonne nouvelle arrive, et une mauvaise. Les ennemis de l’ouverture pourraient jouer au ping-pong avec les ennemis du monopole, ils ont de quoi s’envoyer des smashes de décrets gouvernementaux, des lifts d’avis de commission, des revers croisés de telle Cour d’Appel…
Ce matin, j’apprends que Ladbrokes abandonne son combat contre le monopole d’Etat en Norvège, initié il y a cinq ans, tout en affirmant qu’il s’allierait aux autres opérateurs pour combattre les monopoles d’Etat à travers l’Europe. Ladbrokes a pris cette décision après d’être vu refuser une licence par la Norvège. Le fait que la CJCE (Cour de Justice de la Communauté Européeenne) ait pris une décision en faveur de La Santa de Misericordi contre Bwin concernant le monopole d’Etat au Portugal a fini de les décourager: «Le verdict de La Casa montre la difficulté de s’attaquer à un monopole sous couvert de la loi européenne, et qu’à chaque fois, le monopole peut être justifié en termes de protection de joueurs, et de prévention de fraude. Nous pensons que nous pourrions rencontrer les mêmes problèmes que Bwin au Portugal. C’est une raison qui nous a poussés à faire marche arrière en Norvège» a déclaré Lasse Dischmann, Chief Executive de Ladbrokes Nordic.
On fait péter le champagne du côté des défenseurs du monopole. Mais arrive le revers: le Danemark prend une décision diamétralement opposée à celle de la Norvège en décidant de proposer une loi d’ouverture du monopole, plus en conformité avec les règles européennes. Un peu comme la France, en fait. Kristian Jensen, Minister of Taxation danois déclare: «Nous avons une manière spéciale de traiter les revenus issus des jeux en ligne. Le Danemark est un pays qui regorge d’associations, de clubs sportifs et autres. Une partie des profits générés par l’industrie est reversée à ces associations. Nous sommes également conscients des problèmes d’addiction engendrés par le jeu et consacrons une partie des revenus à lutter contre cela, mais également contre le blanchiment d’argent ou la fraude. Nous avons trois objectifs majeurs pour l’instant : mieux protéger les joueurs, combattre les crimes organisés et enfin donner de l’argent aux associations caritatives.»
Le Danemark espère que le projet de loi présenté à la Commission Européenne sera approuvé et qu’il prendra effet en 2011. En attendant, les clandestins se remplissent les poches avec des paris non taxés. C’est bête, non?
Le blog de Christophe Donner: Parier c’est Donner












