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Le CSA, dont la consultation publique semble peu crédible, est de plus en plus critiqué…

Publiée le 04 mai 2010 // Enquêtes-Etudes, Infos

Nous le disions la semaine dernière: le CSA fait l’unanimité contre lui en envisageant d’interdire la publicité télévisée pour les jeux d’argent en ligne avant 22h30. Chacun s’accorde à penser que « renvoyer la pub des jeux en ligne sur Internet ne pourra qu’aggraver l’addiction, car il s’agit du média reconnu comme le plus addictif », selon Le Figaro.

CSA

Les patrons des chaînes de télévision et des stations radiophoniques sont vent debout, et pas près de se calmer. Les jeux en ligne légalement autorisés étaient leur espoir, mais les propositions du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour en réguler la publicité télé et radiodiffusée les ont glacés. Les organismes professionnels de la publicité, à commencer par l’Udecam, le syndicat des agences médias, sont également scandalisés, tout comme certains annonceurs.

Le CSA, qui a lancé une consultation publique jusqu’à vendredi, propose d’interdire la publicité entre 5 heures du matin et 22h30 à la télévision, et de 17 heures à minuit sur les radios, avec une exception à l’occasion des retransmissions sportives. Le projet de délibération du CSA fait suite à l’adoption définitive par l’Assemblée nationale, le 6 avril dernier, du projet de loi relatif à l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne. Le texte est en cours d’examen par le Conseil constitutionnel (saisi par le Parti socialiste le 13 avril), qui a un mois pour se prononcer. L’article 7 du projet précise déjà que toute communication commerciale devra être assortie d’un message de mise en garde contre le jeu excessif ou pathologique, ainsi que d’un message faisant référence à un système d’information et d’assistance.

Pour l’ensemble des membres du Bureau de la radio comme ceux de l’Association des chaînes privées, qui ont envoyé un courrier au président du CSA en fin de semaine, le dispositif envisagé dans l’audiovisuel «est contraire à l’esprit de la loi, dont le but était d’encourager les sites de jeux illégaux à devenir légaux et ceux qui sont légaux à se lancer».

De plus, remarquent les différentes parties, «le dispositif revient à priver les médias classiques d’une manne financière importante, alors que la crise structurelle de la publicité est loin d’être terminée. Le secteur audiovisuel français est le plus contraint d’Europe. Et on offre des revenus complémentaires au secteur le plus dérégulé qui est Internet.»

Selon Dominique Delport, président de l’Udecam et de Havas Media France, «cette régulation va également peser sur les annonceurs qui détiennent un monopole historique dans le domaine des jeux, comme le PMU et La Française des jeux, qui rapportent des recettes importantes dans les caisses de l’État. C’est entre 40 et 80% des campagnes de ces annonceurs qui sont menacées».

Pourtant, une éventuelle limitation de la publicité pour les jeux en ligne pourrait in fine profiter à ces deux opérateurs historiques, dont la notoriété est bien plus grande que celle des nouveaux acteurs. Soutenus par l’État actionnaire, ils avaient longtemps résisté à la libéralisation imposée par Bruxelles.

Par ailleurs, souligne Dominique Delport, «il est paradoxal de vouloir éviter des tunnels de publicité et cantonner les annonceurs à des heures très restreintes» . Chaînes de télévision et radios font remarquer que «le CSA applique aux jeux en ligne une conception des mineurs – moins de 18 ans – qui est celle du Code pénal, alors que les conventions des chaînes et des radios n’ont pas la même acception du public jeune». Enfin, chacun s’accorde à penser que «renvoyer la pub des jeux en ligne sur Internet ne pourra qu’aggraver l’addiction, car il s’agit du média reconnu comme le plus addictif».

Au CSA, qui prétend avoir calé sa recommandation sur la législation britannique, les opérateurs rappellent que «si les contraintes sont équivalentes sur le plan publicitaire, les opérateurs de jeux en ligne disposent outre-Manche d’un cadre fiscal et d’exercice plus souple».

Source: Le Figaro

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