Le dernier Tour de France du PMU?
Cette année, le PMU lance sur son site de paris, un «concours de pronostics» sur l’arrivée du Tour de France, relève Christophe Donner sur son blog. Et l’écrivain de s’interroger: et si c’était « le dernier Tour de France du PMU »?
Le papier de Christophe Donner:
Le partenariat entre le PMU et le Tour de France fête ses 20 ans. La plus célèbre épreuve cycliste du monde y a gagné ces grotesques et périlleuses mains vertes qui ont envahi le bas-côté de ses routes. Il y a gagné ces véhicules surmontés de chevaux en plastique, ces tee-shirts verts, ces casquettes vertes, un vert qui, malgré quelques améliorations, a du mal à sortir de la zone « ringarde » inscrite dans nos méninges aussi sûrement que Hermès est inscrit dans la zone « excellence et raffinement ».
Cette année, le PMU lance sur son site de paris un «concours de pronostics» sur l’arrivée du Tour de France. www.sprintgagnant.com. Il faut trouver le premier de l’étape, le vainqueur du Tour 2009, et du maillot vert, etc. On gagne quoi? Des casquettes et des mains vertes à agiter l’année prochaine.
Mais là n’est pas le but du PMU qui veut d’abord habituer ses turfistes à miser sur des sports autres que les courses de chevaux. En effet, à la faveur de l’ouverture de paris en ligne (toujours et encore elle), on prête au PMU l’intention de prendre des paris sur le foot, sur le vélo, sur le Tennis, sur tout ce qui donne des gagnants et des perdants. Ceci afin de compenser les pertes probables dues à la concurrence du foot… Comment les sociétés de courses (de chevaux) prennent-elles la chose ? Elles qui ont créé en 1931 ce PMU devenu cette fabuleuse machine à enregistrer des paris et à aller chercher de l’argent dans la poche des sportsmen pour nourrir la filière (élevage, entraînements, pistes, hippodromes, grands Prix à chapeaux etc…? Comment vont-elles apprécier que leur créature aille maintenant nourrir des sports qui, pendant si longtemps, les ont regardées de haut, pour ne pas dire avec mépris sous prétexte que les courses de chevaux vivaient du jeu d’argent et non du noble amateurisme indifférent au profit? Hein ? Je pose la question à M. de Bellaigue, président de la société du Cheval français, qui ne répond jamais quand je l’interroge.
Pendant vingt ans, le PMU s’est promené sur le Tour de France en unique annonceur de paris hippiques. Il y a pris ses quartiers, pourrait-on dire, et quelques mauvaises habitudes, celles que prennent tous les monopoles, en vingt ans. Au départ du Tour de cette année, à Monaco, la ville du jeu par excellence, le PMU était présent, comme chaque année, mais d’une manière assez désastreuse. On pouvait mesurer le retard accumulé au fil de ces années de monopole, en termes de communication et surtout d’efficacité commerciale. Autant dire les choses carrément : le stand PMU de Monaco faisait pitié à voir. Je veux bien qu’on soit «près du peuple», mais ces gobelets de Fanta orange sur ces deux tables en plastique, franchement ! Ils ne projetaient même pas les courses de chevaux dans le stand, et surtout, il était impossible de jouer. Comme façon d’aller chercher le client, il y a mieux. C’était d’une tristesse pas croyable, et ça faisait peur pour l’avenir. «C’est techniquement impossible», assurait-on à Charles-André qui demandait pourquoi il lui était impossible de mettre sa petite pièce sur Sea The Stars. On peut pourtant jouer à Roland Garros, au Salon du Cheval…
Imaginez le jour où Betclic et Betfair vont arriver sur le Tour (car les organisateurs n’auront pas le droit de refuser leur présence publicitaire, liberté de la concurrence oblige)…Il leur sera «techniquement très facile» d’installer des salons cossus et attrayants pour inciter les spectateurs à jouer sur leur site. Ils ne violeront pas l’espace réservé du jeu en ligne puisqu’ils proposeront au public de jouer, via Internet, sur leur site, et tout au long des étapes du Tour de France… si le cœur leur en dit. Le dernier espoir du PMU c’est d’ailleurs que les nouveaux opérateurs, ayant assez affaire avec le foot et le tennis, se désintéressent des courses. Mais si le PMU se mêle d’un peu trop près du foot…












