Le mouvement sportif français n'est pas encore prêt pour l'ouverture du marché
Fédérations, ligues et organisateurs doivent choisir les événements et déterminer leur mode de rémunération, explique Les Echos. Il est donc temps pour le mouvement sportif français de préparer l'ouverture du marché des jeux en ligne.

La Coupe du monde de football, qui démarrera le 11 juin prochain en Afrique du Sud, devrait donner le coup d'envoi de la régulation du secteur. Mais il s'agit d'une épreuve internationale. Pour les fédérations, ligues et organisateurs privés d'événements sportifs de l'Hexagone, l'objectif est de préparer la saison 2010-2011. Le Championnat de France de football de Ligue 1 s'achève, en effet, le 15 mai et la finale du Top 14 de rugby se déroulera le 29 mai. Mais la nouvelle saison débutera dès le mois d'août, le 7 pour la Ligue 1. Autant dire que les délais ne seront pas longs pour négocier les fameux "droits au pari". Ces accords commerciaux, destinés, notamment, à financer la lutte contre la corruption, devront être signés avec les sites de jeux en ligne.
Le premier devoir des instances sportives est de proposer à l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) la liste des événements ouverts, ainsi que l’objet des paris. Résultat, nombre de buts, de sets pour le tennis ou de points pour le rugby: tout est possible, même si l’Arjel semble vouloir exclure les excès. C’est sur la base de ses propositions que le régulateur rédigera la liste des supports de paris. La question n’est pas simple. Si pour le football, la Ligue 1 est incontournable, quid, par exemple, de la Ligue 2 ou des Championnats amateurs?
La problématique sera la même pour tous les sports. Pour éviter la fraude, seules les compétitions à vrai enjeu sportif pourraient être acceptées. Les fédérations et ligues doivent aussi déterminer leur mode de rémunération. Un forfait? Compte tenu de l’interdiction des exclusivités, difficile de savoir combien d’opérateurs seraient intéressés et ainsi de prévoir le revenu généré. Une redevance? Mais sur quelle assiette: le produit brut des jeux (PBJ), en fait la marge des opérateurs, ou la masse des paris? Un pourcentage sur le PBJ pourrait induire une collusion entre les deux parties. Les instances sportives devront enfin revoir leurs codes de déontologie, afin d’interdire de paris tout membre ou salarié lié à l’organisation de la compétition. «Rien n’est fixé» , indique-t-on à la Ligue de football professionnel, la première intéressée. Il faudra pourtant avancer sur ces sujets.
Source: Les Echos
