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Les buralistes français, dubatifs et inquiets: « Les jeux en ligne vont à l’encontre de tout ce qu’on nous a dit de faire »

Publiée le 14 mai 2010 // Droit-Législation, Enquêtes-Etudes, Infos

À moins d’un mois de l’ouverture des paris sur Internet, que pensent ceux qui gèrent des points de jeux de la Française des jeux ou du PMU? Le quotidien régional Le Dauphiné a mené l’enquête, dans les Hautes-Alpes.

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Dominique Arnaud, la présidente de la chambre syndicale des buralistes des Hautes-Alpes et administratrice de la Confédération des tabacs à Paris, s’avoue dubitative. Elle tient un tabac-Loto à Veynes. «Déjà depuis l’an dernier, on peut jouer au Loto en ligne, précise la présidente. En 2009, ce Loto en ligne a représenté 3,24% du chiffre d’affaires de la Française des jeux.»

La présidente des buralistes haut-alpins se veut optimiste: «Je ne suis pas inquiète, mais il faudra rester vigilant. Nous attendons de voir ce qui va se passer. En venant jouer chez nous, les joueurs  trouvent une convivialité qu’il n’y aura jamais devant un écran d’ordinateur. En passant leurs billets dans nos machines, les clients savent tout de suite s’ils ont gagné. »

Cependant pointe une incompréhension teintée d’amertume. «La Française des jeux nous a imposé de faire des « stages de jeux responsables ». Tout cela pour nous rappeler l’interdiction de vente de tickets de jeux aux mineurs et notre rôle en face de gens qui souffriraient d’addiction. Or sur Internet, comment tout cela sera-t-il contrôlé? Les jeux en ligne vont à l’encontre de tout ce qu’on nous a dit de faire.»

Dominique Arnaud rappelle quelques chiffres évocateurs: «Nous sommes les référents des jeux physiques. On a réalisé en 2009, malgré la mauvaise conjoncture, 75% du chiffre d’affaires de la Française des jeux avec 28,2 millions de Français qui ont joué chez nous. Certes, il y a eu trois vendredis 13 en 2009 qui ont rapporté 200 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires…»

Un avis plus pessimiste du côté des bars-PMU. Pascal, le responsable du bar « Le Boulevard », boulevard de la Libération à Gap, s’avoue inquiet: «Avec les paris en ligne, c’est du chiffre d’affaires en moins pour nous. Une baisse d’activité évidente. Car la majorité des turfistes boivent un café ou une autre boisson quand ils viennent jouer. Et si l’un d’eux gagne, il paie souvent sa tournée aux collègues! Souvent les turfistes jouent en groupe, se donnent rendez-vous au bar pour faire leur tiercé ensemble. C’est une convivialité qu’il n’y a pas sur Internet».

Et d’ajouter: «Comme tout achat sur Internet, en un clic vous pouvez tout acheter, même si vos finances ne vous le permettent pas. Avec les paris en ligne, il y aura de mauvais débordements vu que personne ne contrôlera rien».

Source: Le Dauphiné

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