Les géants du secteur se sont pliés aux conditions de Bercy, selon Libération
Le directeur de cabinet d'Eric Woerth explique à Libération qu'il mise sur la délation des "nouveaux acteurs" pour lutter contre "l'offre illégale". De quoi faire bondir bien des acteurs du marché...
Article publié dans Libération de ce matin:
La donne se précise pour les paris en ligne
JEUX Unibet, Bwin… Les géants du secteur se sont pliés aux conditions de Bercy pour obtenir une licence.
A quelques mois de l ’ouverture «officielle» à la concurrence des jeux d’argent en ligne, le marché français s’apprête-t-il à faire carton plein? Lors de la présentation en fin de semaine dernière du projet de loi qui sera en principe examiné par les députés les 7 et 8 octobre, le probable président de l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel), Jean-François Vilotte, a estimé à «une centaine» , et «peut-être plus» , le nombre de licences qui seront présentées par des opérateurs français et étrangers.
Alors qu’ils n’ont cessé de critiquer le futur régime du jeu en ligne qu’ils considèrent trop défavorable au regard de ce qui se pratique ailleurs en Europe, les nouveaux géants du secteur(Unibet, Bwin, Betclic, etc.) devraient finalement tous déposer une demande de licence en bonne et due forme. Se pliant ainsi aux conditions de Bercy. C’est le prix à payer pour se faire une place sur le deuxième marché européen après le Royaume-Uni. Il est prévu trois types de licence, une pour chaque catégorie de jeux (paris sportifs, hippiques et poker), et les candidats intéressés par ces activités devront demander une licence par catégorie. Avec six mois de retard sur le calendrier initial, la France devra «être prête» pour la Coupe du monde de football, en juin 2010, a expliqué le ministre du Budget, Eric Woerth, qui fait le pari d’une stabilité des recettes pour l’Etat. Le projet de budget pour 2010 prévoit, comme en 2009, 5 milliards d’euros de recettes fiscales alors que la taxation des jeux en «dur» (casinos, Française des jeux et PMU) va baisser pour s’aligner sur celle des jeux en ligne.
Pour le directeur de cabinet du ministre du Budget, Sébastien Proto, qui a piloté le dossier, le futur dispositif devrait permettre de lutter efficacement contre l’offre illégale, c’est-à -dire, demain, tous ceux qui n’auront pas demandé ou obtenu de licence. «Cette lutte passera par différents moyens, explique-t-il. Dans certains cas, il faudra aller jusqu’au blocage des sites mais l’impossibilité de faire de la publicité et l’interdiction des comparateurs de cotes devraient suffire à assécher l'offre illégale, dit-il. Et puis, «les nouveaux acteurs autorisés seront nos meilleurs alliés, conclut-il. Je leur fais confiance pour surveiller toute concurrence déloyale qui pourrait s’exercer contre eux».

