Les sites se préparent à une bataille (sans merci) sur les contenus et les images
Pour conquérir les internautes français, les opérateurs devront proposer des sites attractifs, avec vidéos des compétitions sportives, souvent en direct pour le « livebetting ». La guerre des droits commence, selon Les Echos de ce matin.
Les sites se préparent à une bataille sur les contenus et les images
Lorsque la loi sera votée, les opérateurs devront proposer les sites les plus attractifs. Ils proposeront à côté des paris des commentaires, des statistiques mais aussi des images pour le «livebetting». Alors que le projet de loi sur l’ouverture du marché français des jeux en ligne est passé en première lecture à l’Assemblée, les opérateurs se préparent à conquérir les internautes français. Une fois les licences obtenues, ils lanceront d’importants investissements marketing (1 milliard d’euros en Europe en 2007, dont 300 millions pour le sponsoring). Il reviendra alors aux Betclic et autres Interwetten ou Française des Jeux de proposer aux parieurs le produit le plus attractif. Les cotes seront déterminantes, ainsi que l’ergonomie des sites. Mais à côté des paris eux mêmes, des contenus devront agrémenter le jeu. Ces contenus vont aller du plus simple, les commentaires de journalistes sportifs, comme Pierre Ménès en contrat avec Unibet, au plus riche: les images des compétitions.
Le droit d’exploitation des organisateurs va générer d’intenses négociations. «S’agissant d’un droit de nature économique mais également éthique, chacun des organisateurs pourra ainsi contracter avec chacun des opérateurs selon des modalités qui seront à déterminer entre eux», note l’avocate Fabienne Fajgenbaum, spécialiste du droit du sport. Certes, l’exclusivité est interdite, mais pour certains «la nonexclusivité commence avec deux opérateurs», et d’autres imaginent séparer la distribution du droit au pari de la cession, pour le coup exclusive, de contenus spécifiques.
Concrètement, une vraie bataille va avoir lieu sur le terrain des images. Tous les opérateurs
indiquent qu’en matière de paris sportifs, le pari en direct («livebetting») représentera plus de 50% de l’activité. «Bwin assure en Europe 800 heures de direct par mois» , précise Antonio Costanzo, responsable du développement.
La valeur de nouveaux droits
Le site qui pourra diffuser dans une fenêtre les matchs de Ligue 1 (le gros du marché) disposera d’un avantage concurrentiel certain. La question est de déterminer la valeur de ces nouveaux droits. Ne vont-ils pas diminuer celle des droits TV classiques (668 millions d’euros annuels), érodant leur exclusivité? Autre interrogation: qui détient aujourd’hui ces droits? Pour la Ligue 1, la Ligue de football professionnel se refuse à toute déclaration sur le sujet.Chez Canal+, on se demande si on ne peut pas sous-licencier les droits obtenus lors du dernier appel d’offres. La question intéresse aussi Orange qui veut s’associer à un opérateur pour proposer du jeu à ses abonnés. Le sujet ne manquera pas d’alimenter les conversations du Sportel, le Salon du sport et de la télévision, qui ouvre ses portes aujourd’hui à Monaco.
Source: Les Echos












