Les télés misent gros sur le jeu en ligne
Selon Marianne2, les groupes télé ne prennent pas l’ouverture du marché à la légère. Outre les partenariats envisagés, les colossales rentrées en achat d’espace publicitaire font baver les médias, de TF1 à M6 en passant par BFM…
Article publié ce vendredi sur le site marianne2:
Jackpot : les télés tentées par le démon du jeu en ligne
Pour compenser des recettes publicitaires qui plongent, TF1, BFM et autres M6 comptent sur la libéralisation du secteur des paris sportifs en ligne pour renouer avec les bénéfices soit en les organisant, soit en en faisant la pub!
Il n’y a pas que les casinotiers qui attendent avec impatience l’ouverture du marché des paris sportifs en ligne le 1er janvier 2010 : il y a aussi Patrick Le Lay! L’ancien patron de TF1 expliquait en mai au Figaro son nouveau projet: créer une plate-forme de jeux en ligne s’appuyant sur la marque Eurosport afin de financer la chaîne sport, propriété de TF1, en misant sur les paris des familles! Gérée par son fonds, Serendipity (propriété du groupe Bouygues et du groupe Pinault par sa filiale Artemis), il espérait à l’époque que chaque foyer dépense 30 à 40€ par mois en jeux sur Internet, l’équivalent d’un abonnement à un bouquet satellite. Loin d’être une lubbie du groupe Bouygues, l’idée titille sérieusement TF1 et le groupe NextRadio.
M6 veut diffuser du poker pour donner envie de parier
Le marché de la publicité télévisée ayant chuté de 18% au premier semestre 2009, les résultats des groupes audiovisuels s’en ressentent fortement : TF1 a accusé une chute de 23% de ses recettes publicitaires sur la période. Les projets d’investissements dans les jeux en ligne n’en deviennent que plus tentants pour ceux qui en ont les moyens.
A commencer par le groupe Metropole Télévision, propriétaire de M6, qui aurait, selon le quotidien La Tribune, entamé un rapprochement avec l’Autrichien BWin, un des plus gros opérateurs européens de jeux en ligne. Fin 2008, une rumeur avait même évoqué un rapprochement avec la chaîne interactive Cash TV, propriété du groupe de casino Partouche, alors que la Six est entré à son capital depuis fin 2005.
Loin d’être un simple investissement, l’implication dans les jeux en ligne pourrait modifier la grille des programmes: Nicolas de Tavernost, président du directoire de M6 déclarait ainsi au Journal des Finances en mai : «nous réfléchissons à proposer des émissions de jeux comme le poker, qui peuvent dynamiser la fréquentation des jeux en ligne». Eurosport pourrait de son côté faire, en plateau, la pub de sa propre plate-forme, à la manière des animateurs de télé réalité appelant à utiliser les numéros surtaxés. Du grand spectacle en perspective!
Les jeux en ligne, un enjeu… publicitaire!
Mais la manne ne se limite pas à la gestion des jeux. Pour Patrick Le Lay, les opérateurs de jeux en ligne qui se lanceront avec l’ouverture du marché n’auront pas tant besoin des médias comme partenaires financiers que comme panneaux d’affichage «ces derniers vont dépenser beaucoup d’argent en publicité pour se faire connaître du grand public.»
Le groupe NextRadio, propriétaire de RMC, BFM et des télévisions dérivées, compte ainsi s’appuyer sur la publicité pour les paris sportifs en ligne pour «résister» à la chute générale du marché, qui pourrait durer jusqu’au second semestre 2010. Selon Le Lay, le boom pourrait être comparable à celui engendré par l’ouverture de la concurrence entre les numéros de renseignement téléphonique il y a trois ans.












