Malgré la crise, les communes du Midi misent encore sur les casinos « en dur »
Avec 23 casinos, le littoral de la région Paca frise la saturation. Pourtant, trois nouvelles communes du Var veulent à leur tour bénéficier de la manne des jeux, convaincues que les difficultés du secteur ne vont pas durer, explique un article des Echos de ce matin.
Malgré la crise et la concurrence des jeux en ligne, les casinos séduisent toujours les communes du Midi en mal de ressources financières. Quelques mois après avoir obtenu son classement comme station balnéaire, la ville de Fréjus vient de lancer un appel à candidatures afin de trouver un délégataire pour la construction et l’exploitation d’un établissement de jeux à réaliser sur le site de Port-Fréjus.
Trois autres casinos existent pourtant déjà à moins de 30 km, dont celui de Saint-Raphaël, qui fait partie de la même intercommunalité. Mais pour le maire UMP, Elie Brun, ce n’est pas un problème: «Pourquoi n’aurions-nous pas, nous aussi, notre casino alors que l’ensemble de notre projet, qui prévoit aussi la construction d’un hôtel et d’une résidence de tourisme, va tirer vers le haut notre collectivité et devrait apporter 2 à 2,5 millions d’euros à notre budget de fonctionnement?» Pour lui, les casinos ont plus souffert de l’interdiction de fumer que de la crise.
Le projet de Fréjus vient s’ajouter à deux autres appels d’offres à l’étude dans le Var, dans les deux communes voisines de Sanary et de La Seyne-sur-Mer, sans compter les extensions en cours de casinos existants. Pour le Groupe Partouche, le risque de saturation est réel. «La duplication de ces appels d’offres sur des zones déjà fortement concurrentielles est absurde. Cela n’apporte rien si ce n’est la mise en péril de l’existant. Les élus devraient plutôt réfléchir à une répartition intelligente des sites d’implantation et des recettes», s’insurge Ari Sebag, directeur général du groupe, qui investit actuellement 18 millions d’euros pour remplacer l’actuel casino de La Ciotat, tout proche du Var, par un établissement quatre fois plus grand, avec salle de spectacle, hôtel trois étoiles de 60 chambres et restaurants.
Le groupe a également obtenu, il y a six mois, le renouvellement de la délégation de service public (DSP) du casino de Bandol, où il construit un nouvel établissement ultramoderne pour une
enveloppe totale de 20 millions.
Mais tous les casinotiers n’ont pas la même analyse et les projets des mairies trouvent toujours des candidats. Deux d’entre eux ont répondu à l’appel à candidatures relancé par Sanary: le groupe
Viking et la société du Groupement des casinos de Sanary, qui rassemblerait le groupe Lucien Barrière et Joagroupe, lequel avait pourtant obtenu la DSP, en 2006, et se voit réclamer aujourd’hui 83 millions de dommages et intérêts par la ville après son retrait l’été dernier.
De son côté, La Seyne-sur-Mer a reçu trois réponses pour son projet de casino à construire sur le site des anciens chantiers navals. Après son élection, le nouveau maire PS avait reconnu que la ville avait besoin de ce dossier pour trouver de nouvelles ressources financières. Car l’argent reste bien la première motivation des communes. A La Ciotat, le prélèvement communal sur les recettes de jeux du futur, «pasino», devrait représenter 5 millions, contre 1 million actuellement, et à Bandol, la nouvelle DSP prévoit une hausse de 12 à 15% de ce prélèvement.
Source: Les Echos












