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Mondial: des paris pas si juteux, titre Le Monde, qui affirme que le « modèle » français n’est pas bon et ne marche pas

Publiée le 08 juil 2010 // Enquêtes-Etudes, Infos

Le Monde consacre un article aux « pas si juteux » paris en ligne. Exemple: Le 11 juillet, les opérateurs auront enregistré environ 60 millions d’euros de paris, mais pour un produit net – une fois déduits les gains des parieurs et les taxes – d’environ 3 millions d’euros.

Depuis le 10 juin, veille de l’ouverture du Mondial, outre celui de la Française des jeux (FDJ), sept autres sites de paris ont été agréés par l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel). Bwin et Betclic exploitent désormais leur savoir-faire dans un cadre légal. Les nouveaux entrants capitalisent sur leur métier de base pour réussir leur diversification: le PMU bénéficie d’une belle base de parieurs hippiques, EurosportBET et Sajoo (Groupe Amaury) d’une affinité naturelle avec le sport, France Pari et le Groupe Iliad (Chilipari) comptent sur leurs membres et abonnés. Et la FDJ peut proposer des cotes aussi attractives que ses concurrents, les règles du jeu, fiscales notamment, étant désormais les mêmes pour tous.

Pour ces opérateurs cherchant à recruter de nouveaux parieurs, le Mondial est stratégique. Mais de là à être rentable… Le 11 juillet, ils auront certes enregistré environ 60 millions d’euros de paris, mais pour un produit net – une fois déduits les gains des parieurs et les taxes – d’environ 3 millions d’euros. A comparer aux 21,7 millions d’euros de dépenses publicitaires sur la seule période du 8 au 27 juin, selon Kantar Media. Un bon parcours des Bleus n’y aurait d’ailleurs rien changé: on joue plus pour les gains que pour supporter ses favoris.

La nouvelle donne est ressentie de manière contrastée par les parieurs. Les joueurs occasionnels ou débutants sont rassurés par un dispositif qui les protège des fraudes et prend en compte les risques d’addiction. Mais les mordus sont mécontents car, avec un taux de retour aux joueurs plafonné à 85% (contre 90 à 95% avant la loi), leurs profits vont diminuer: contre les Pays-Bas, la victoire du Brésil en quarts de finale était ainsi cotée à 1,75 sur Bwin.fr et à 1,85 sur le site international Bwin.com. Ils regretteront également de n’avoir pu parier sur le test-match de rugby Argentine-France ou d’être sevrés des matches de deuxième division anglaise.

Dans sa louable volonté de protéger le sport de la corruption, le régulateur serait-il allé trop loin? Ces formules sont autorisées par ailleurs et la distorsion entre la France et l’étranger est patente. Sur ce même Pays-Bas-Brésil, on trouvait ainsi 39 paris différents sur Bwin.fr contre 326 sur Bwin.com. Car le chemin est étroit pour l’Etat français qui doit trouver le juste équilibre entre une loi protectrice et une offre en ligne suffisamment attractive pour dissuader les « experts » de miser sur des sites illégaux, que les « cyberdouaniers » n’auraient pas réussi à éliminer .

La France a ouvert le marché des paris en ligne juste à temps pour le coup d’envoi de la Coupe du monde, un authentique exploit pour l’Arjel, compte tenu des délais. Il lui reste à réussir là où le sport français a trop souvent échoué: transformer une position éthique parfois jalousée, voire raillée, en un modèle universel qui fonctionne!

Source: Le Monde

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