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Novembre / Décembre 2010


Gaëtan Gorce : “Un marché

à coordonner en Europe”

Le député socialiste, qui n’a cessé de s’opposer à l’ouverture, s’exprime librement…

Député socialiste de la Nièvre, Gaëtan Gorce a pris la tête des

élus s’opposant à l’adoption de la loi d’ouverture du marché des

jeux en ligne. Proche de Ségolène Royal, ce secrétaire national du PS,

en charge de l’exclusion, répond à nos questions.

Vous étiez le principal opposant à la loi d’ouverture du

marché des jeux d’argent en ligne en France. Comment

avez-vous vécu les premiers mois d’ouverture?

Le dossier de l’ouverture à la concurrence des jeux en ligne est

passionnant. J’ai suivi de près la mise en place de l’ARJEL, la volte-face

du CSA, la grève des joueurs de poker, la délivrance des premiers

agréments, les divers rapprochements entre groupes de presse et

opérateurs de jeux en ligne. En un mot, je suis resté vigilant.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris, en tant qu’observateur,

dans ce qui s’est produit depuis l’ouverture de ce marché

légal ?

Ce qui m’a le plus impressionné, c’est la performance de l’Autorité de

régulation des jeux en ligne (Arjel), dont les services ont réussi, en à

peine quelques heures, à instruire les

dossiers des opérateurs qui comptaient

des milliers de pages ! Plus sérieusement,

ce qui me surprend le plus depuis que je

m’intéresse à ce dossier, c’est l’attitude

des nouveaux opérateurs. Ils ne

respectent ni les fédérations sportives,

ni l’Arjel, ni les règles votées par le

Parlement. L’incapacité du

gouvernement à faire respecter la loi y

est pour beaucoup. Tout le monde sait par

exemple que la remise à zéro des comptes

joueurs, prévue à l’article 17 de la loi, n’a pas

été effectuée par certains opérateurs. Ces

derniers n’ont pour le moment pas été

inquiétés. Dans ces conditions, pour quelles

raisons respecteraient-ils la loi ? De même

les organisateurs de paris sur les courses

hippiques n’ont toujours pas versé aux sociétés

de courses le produit du prélèvement de 8%

prévu par la loi. Le gouvernement les a même

autorisés à ne pas provisionner ces sommes,

ce qui est choquant.

Le député socialiste Gaëtan Gorce

Il y a forcément des points positifs…

Quels sont-ils, pour vous ?

Il y a d’abord la décision du Conseil d’État, qui

a jugé le 13 octobre que la question prioritaire

de constitutionnalité sur le droit à parier ne

présentait pas un caractère sérieux. Le conseil

d’État a ainsi confirmé le droit des fédérations sur les paris en tant

qu’organisateurs de compétitions. Cela a sans doute refroidi pour

quelque temps les velléités de certains. Ensuite, on peut se féliciter

que le nombre de nos compatriotes inscrits sur des sites de jeux en

ligne soit plus limité que prévu. Il faut cependant rester très vigilant,

notamment sur l’impact de la publicité sur les adolescents. Enfin,

j’attends de lire les conclusions du livre vert sur les jeux en ligne,

rédigé par le Commissaire Barnier.

Vous vous y attendiez: les opérateurs agréés demandent

déjà que la loi soit révisée… Ils s’efforcent de “faire

tomber les garanties”, dites-vous. Est-ce, selon vous, une

stratégie élaborée il y a longtemps ?

Quand nous avons rencontré les nouveaux opérateurs avant le début

du débat législatif, ceux-ci ont été très clairs sur leurs intentions. Ils

soutenaient le projet de loi dans la mesure où il permettait d’ouvrir

une brèche dans le modèle français d’encadrement des jeux de

hasard. Ils ont donc été très silencieux sur telle ou telle disposition de

la loi qui ne leur convenait pas, comme par exemple les fameux droits

aux paris ou encore la fermeture des comptes-joueurs, en pariant sur

une évolution progressive du droit en

leur faveur. Le dumping législatif et fiscal

est désormais en marche.

“Le dumping législatif est

désormais en marche”?

Expliquez-nous ce que vous

entendez par cette formule…

Pour pouvoir développer leur activité,

les nouveaux opérateurs ont dû obtenir

qu’il soit mis fin à près de 175 années

d’encadrement strict des jeux d’argent et de

hasard, qui leur interdisait, de fait, de

s’implanter légalement. En 1839 en effet, le

législateur, constatant que le jeu était gangrené

par le crime organisé, qu’il ruinait des familles

entières, et qu’il menaçait à ce titre l’ordre

public, a en effet posé le principe d’interdiction

des jeux d’argent et de hasard en ouvrant

cependant quelques exceptions pour des

œuvres caritatives ou d’intérêt public. Depuis

les années quatre-vingt, à côté des casinos, se

sont développés la Française des jeux, le PMU,

qui n’ont pu développer les jeux d’argent et

de hasard que dans un cadre légal strict et en

s’acquittant d’une fiscalité bénéficiant

exclusivement à des activités d’intérêt général

(le sport amateur, la filière hippique, etc.). Ce

système de monopole, l’arrêt Santa Casa de la

Cour de justice européenne nous permettait de le maintenir. Or, en ouvrant le marché en ligne, le gouvernement a

en fait ouvert une véritable boîte de Pandore. À moyen terme, il sera

non seulement difficile de défendre l’existence d’un monopole “en

dur” mais aussi on va assister à une “privatisation” du PMU et de la

Française des jeux. Il ne fait aucun doute qu’au nom de la libre

concurrence, l’Union européenne finira par nous l’imposer, dans la

mesure où elle considérera que dans un système ouvert au secteur

privé, le maintien des avantages spécifiques du PMU et de la Française

des jeux ne sont plus justifiés. L’argent des jeux de hasard et des paris

en ligne, ira surtout dans les poches des opérateurs privés.

Canal+ et Ladbrokes ont renoncé à lancer CanalWin.

Plusieurs autres groupes ont jeté l’éponge en France, à

cause de la taxation trop élevée…Cela signifie tout de

même qu’il y a un problème. Quand les opérateurs

affirment que leurs marges sont très faibles et qu’ils ne

gagneront jamais d’argent en France, vous ne les croyez

pas ?

Ce que je crois, et qu’on oublie souvent, c’est que l’activité des jeux

en ligne n’est pas une activité comme les autres. Elle ne crée pas de

valeur ajoutée, pas de richesse, puisqu’il s’agit de déshabiller Paul pour

habiller Jacques. Les seuls qui ne perdent jamais, ce sont les

organisateurs des paris. Contrairement à ce que soutiennent les

nouveaux opérateurs, le nombre de créations d’emplois est

extrêmement limité, avec le développement des sites de paris et de

jeux en ligne, qui demandent un très petit nombre de personnes

pour bien tourner. De plus, et ce, malgré une taxation importante, les

dirigeants de casinos ont su se développer et les chiffres d’affaires

comme les bénéfices de la Française des jeux et du PMU sont plus

que raisonnables. Il n’y a donc pas lieu de s’apitoyer sur le sort de

l’industrie des jeux en ligne.

Certains observateurs estiment que le budget de lobbying

des opérateurs est colossal. Êtes-vous choqué par ces

sommes et par l’émergence d’un lobbying qui fait un peu

penser à ce qui peut se passer aux États-Unis ?

Le lobbying des jeux en ligne est en effet depuis le début très

important, ce qui montre bien qu’il y a beaucoup d’argent en jeu.

Mais je vous avouerai que les députés socialistes qui travaillent avec

moi sur le sujet n’ont guère été courtisés. Les lobbyistes ont sans

doute compris qu’ils n’avaient pas grand-chose à gagner à nous

approcher. Ceci dit, et puisque que vous évoquez le sujet, il est temps

que la loi encadre plus strictement le lobbying auprès des

parlementaires.

Pensez-vous que des sports sont réellement menacés?

Si le droit au pari était aboli, cela changerait-il vraiment

quelque chose ?

Nous avons récemment rencontré des fédérations sportives qui sont

très inquiètes du non-respect de la loi par des opérateurs qui

prennent des paris en contournant leur autorisation. Le droit à parier

est souvent bafoué et plusieurs fédérations craignent une

multiplication des matchs truqués. Concernant la filière équine, je

remarque que depuis le vote de la loi, le financement de la filière n’est

pas effectué par les nouveaux opérateurs. Jean-François Lamour se

réjouissait dans ces mêmes colonnes des recettes supplémentaires

pour le centre national pour le développement du sport (CNDS) qui

finance le sport amateur. Lors du projet de loi de finances pour 2011,

le gouvernement a annoncé qu’il allait prendre 150 millions pour

financer la construction ou la réfection des stades nécessaires à l’Euro

2016. Dans ces conditions, je crois que l’on peut dire sans se tromper

que le sport amateur est l’éternelle victime du sport business et à ce

titre, qu’il est, effectivement, menacé.

Pensiez-vous que le marché des paris sportifs allait

s’avérer plutôt décevant et que celui du poker serait plutôt

plus important que prévu, ce qu’affirment maintenant

certains observateurs ?

On peut se réjouir que nos compatriotes, malgré les millions d’euros

investis dans le matraquage médiatique, n’aient pas massivement cru

au mirage de l’argent facile et à domicile. N’oublions pas cependant

que nous ne sommes qu’au début d’un processus. Le poker en ligne

joue sur un effet de mode et de curiosité, mais je crois à la sociabilité

du poker entre amis, à l’ambiance qui règne autour d’une table plus

qu’au côté inhumain et addictif de l’écran.

Considérez-vous toujours que l’ouverture de ce marché

s’est faite, avant tout, afin de satisfaire quelques “amis” du

président ? Ne risquent-ils pas d’être déçus ?

L’enjeu est évidemment plus large. Et le problème des jeux en ligne

constitue un problème en soi. Mais il est indéniable que la liste des

premiers opérateurs laissait une grande place à des proches du

pouvoir. Tous disent aujourd’hui qu’ils sont déçus parce qu’ils

espéraient un véritable jackpot dès les premières semaines de

l’ouverture à la concurrence. La manne attendue n’est pas là, il y a

donc fort à parier que l’Élysée ne tardera pas à recevoir leurs plaintes

en faveur d’une plus grande et plus rapide libéralisation du marché.

Que se passera-t-il dans un peu plus d’un an, si la gauche

revient au pouvoir ? Une abrogation de la loi ? Ou juste une

absence d’évolution de cette loi ?

Le vote de la loi a changé la donne. Il nous faudra en tenir compte.

Dresser un bilan, en déduire une marche à suivre. Nous n’avons par

ailleurs cessé de dire que la régulation de ce marché devait être

coordonnée au niveau européen. C’est donc à ce niveau que se

jouera la prochaine manche. Quoiqu’il arrive, nous renforcerons les

règles qui s’imposent aux opérateurs, qu’il s’agisse de leur

transparence, des sanctions applicables en cas d’infraction, de la

limitation de la publicité ou des conflits potentiels d’intérêts. Nous

veillerons aussi à réorienter prioritairement le produit des

prélèvements sur les paris vers le sport amateur et la filière hippique.

La concurrence en ce domaine n’est pas un droit. L’Europe l’a

rappelé, elle a donc un prix, que les opérateurs, au nom de l’intérêt

général, doivent accepter d’acquitter.

Vous-même, quels sont vos jeux préférés ?Avez-vous, ne

serait-ce qu’à titre de curiosité, ouvert un ou plusieurs

comptes en ligne?

Je joue au tennis et au football, mais en vrai, pas en ligne. Le seul

compte que j’ai ouvert dernièrement, c’est un compte sur Twitter, qui

m’a permis de ‘Live tweeter’ le débat sur les retraites. J’invite tous les

lecteurs d’IGA Magazine à s’y abonner pour suivre l’actualité des jeux

en ligne à l’Assemblée nationale. Pour le reste, je me fie assez peu au

hasard.

Propos recueillis par Julien Saint-Guillaume

IGA Magazine

 

NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2010 – NUMÉRO 7

Carlo Costanzia : “Le marché

noir compte encore pour

30 à 40%, sinon davantage”

Président et CEO de bwin France, Carlo Costanzia n’est pas là pour faire de la figuration

Ancien patron de chaînes de télévision européennes,

Carlo Costanzia est président et CEO de bwin France

depuis quelques mois seulement. Il a accepté de répondre à

nos questions.

Le Monde et Le Figaro l’affirment : le marché

français des jeux en ligne est moins important que

prévu. Êtes-vous d’accord avec ces deux quotidiens

de référence?

Pas tout à fait. L’Autorité de régulation des jeux en ligne

(ARJEL) a récemment communiqué, pour la première fois,

les chiffres relatifs à la fréquentation des sites de jeux en

ligne et aux montants pariés. Selon elle, 500000 Français

jouent en ligne chaque semaine. Et plus de 250 millions

d’euros auraient été misés depuis le mois de juin sur les sites

de paris sportifs. On ne peut pas dire que cela soit décevant.

Cependant, et quel que soit le pays concerné, le chiffre

d’affaires des jeux en ligne reste et restera marginal par

rapport à celui du marché des jeux dans son ensemble.

En France, les jeux en ligne représentent moins de 5%

du chiffre d’affaires du secteur. En Italie, où le marché est

ouvert depuis plusieurs années (2006 pour les paris sportifs

et 2008 pour le poker), la part

du secteur atteint à peine 7%.

Au fond, le marché

français n’est-il pas moins

intéressant que le marché

italien?

Non, au contraire, c’est un

marché passionnant ! Il y a beaucoup de similitudes entre

ces deux marchés. Année après année, les autorités

italiennes se sont rendu compte de la nécessité de

proposer l’offre légale la plus complète et la plus attractive

possible pour canaliser la demande des joueurs vers les sites

autorisés. Le marché s’est ainsi progressivement élargi aux

jeux de casino et de poker, interdits jusqu’en 2008.

L’Italie a également abaissé le niveau de fiscalité pour

renforcer la compétitivité de l’offre légale de jeux.

Souhaitons que les autorités françaises suivent le même

chemin.

Pensez-vous, comme moult observateurs, que

les opérateurs illégaux représentent encore

30 à 40% des enjeux? La lutte contre les sites

illégaux est-elle trop timorée?

Nous ne disposons pas des chiffres permettant d’évaluer

précisément ce que représente le marché noir, mais je pense

effectivement qu’il compte encore pour au moins 30 à 40%

des enjeux, sinon davantage.

Partant de ce constat, je pense qu’il faut évidemment

renforcer la lutte contre les opérateurs illégaux. Cette lutte

passe par le blocage des sites non agréés, mais aussi par le

renforcement de l’attractivité de l’offre légale pour répondre

aux attentes des consommateurs. Très concrètement, c’est

en permettant aux opérateurs licenciés de proposer une

offre complète et attractive que la lutte contre le marché

noir du jeu – toujours à “deux clics” d’un site autorisé –

sera la plus efficace.

Que ce soit pour la fermeture du marché

américain ou pour l’ouverture du marché français,

bwin a toujours semblé soucieux de respecter

rigoureusement les textes de loi alors que

certains de vos

concurrents ont parfois

fait une lecture plus libre

de la législation. N’est-ce

pas pénalisant ?

Nous sommes très attachés

au respect de nos obligations

dans tous les pays dans

lesquels nous opérons. C’est un choix qui participe d’une

stratégie durable et qui ne me semble en rien pénalisant.

Qu’attendez-vous de l’ARJEL dans les mois à venir ?

Nous attendons évidemment beaucoup de l’Arjel, notre

autorité de tutelle ! D’une part, elle joue un rôle clé dans la

régulation du marché des jeux en ligne. En parallèle, il

importe qu’elle poursuivre activement la lutte contre les

opérateurs non agréés qui continuent à opérer en France,

dans l’intérêt de tous. Winamax est sorti d’Ongame. Avez-vous

toujours les moyens de vous imposer sur le poker

en France?

Oui. C’est même l’une de

nos priorités, comme ailleurs

en Europe.

Craignez-vous, comme

certains, qu’une

alternance politique en

France empêche la

législation d’évoluer

dans un sens favorable pour les opérateurs ?

La question du jeu en ligne relève de l’intérêt général et

non d’une logique partisane. Comme le soulignait encore

récemment le commissaire européen en charge du marché

intérieur et des services Michel Barnier, le jeu en ligne

est une réalité et va le rester. Il est temps de le

reconnaître pour mieux le réguler, ajoutait-il.

L’ouverture du marché français est intervenue

dans ce contexte et bien entendu nous nous en

félicitions.

L’article 69 de la loi adopté dans ce cadre prévoit

que le gouvernement adressera un rapport au

Parlement avant fin 2011 afin d’évaluer les

conditions et les effets de cette ouverture.

C’est à ce moment-là que devront se décider

d’éventuelles évolutions de la législation.

Quelles seront les conséquences de la

fusion avec PartyGaming? Quelle place

bwin peut espérer sur le marché

français ?

La fusion entre bwin et PartyGaming fait naître

le leader mondial des jeux en ligne. Ensemble,

nous sommes numéro1 en matière d’offre de

produits, de technologie ou de nombre de clients.

La fusion nous place dans les meilleures

conditions pour affronter la concurrence en

France comme à travers le monde.

Vous connaissez très bien le monde

politique européen. Au fond, les jeux

d’argent en ligne, n’est-ce pas avant

tout de la politique?

Dès lors qu’il y a une loi et un encadrement

strict du marché comme c’est le cas pour tous

les secteurs réglementés, le politique est bien

évidemment un acteur à part entière du

dispositif. Et tant mieux ! Je suis en effet convaincu

que le secteur des jeux doit être concurrentiel,

mais régulé. C’est une question d’intérêt général.

Sous la houlette de Carlo Costanzia, bwin entend s’imposer en leader

Comme Stéphane Courbit, le patron de Mangas

Gaming, vous avez été un professionnel de la

télévision. Est-ce important quand on dirige un

groupe de jeux d’argent en ligne?

La connaissance et

l’expérience de la télévision

sont un plus parce que nous

travaillons étroitement

avec les médias de manière

générale. Mais il n’est pas

nécessaire d’avoir été un

professionnel de la

télévision pour diriger une société de jeux en ligne.

Il importe en revanche de bien maîtriser les enjeux

marketing et communication, tant offline qu’online.

Propos recueillis par Damian Pittle

IGA Magazine

 

NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2010 – NUMÉRO 7

Christophe Blot : “Etre leader

aujourd’hui est plus facile

que de l’être dans 3 ans…”

Le directeur délégué de SajOO (groupe Amaury) ne pratique pas la langue de bois

Directeur délégué de SajOO, filiale du groupe Amaury

(L’Equipe, Le Parisien – Aujourd’hui en France), Christophe

Blot a accepté de répondre à nos questions.

Quel est le premier bilan de SajOO, près de 6 mois

après l’ouverture du

marché?

Globalement, nous nous

félicitons d’avoir gagné

notre premier pari : faire

émerger une des seules nouvelles marques de jeux en ligne

dans un environnement très concurrentiel !

Nous avons réussi le difficile challenge qui est de gagner

des parts de marché avec un budget de communication

nettement inférieur à celui de

nos concurrents et l’absence

totale de clients avant

l’ouverture du marché.

Notre présence en TV pendant

la Coupe du Monde, notre

visibilité ciblée sur des médias

sportifs de référence et notre communication on-line agressive

nous ont permis de tirer notre épingle du jeu sur une activité

moins grand public que prévu. Sur ces 6 premiers mois, nous

avons cumulé beaucoup d’expérience qui va nous servir pour

la suite.

En matière de paris sportifs, on a presque

l’impression que certains opérateurs regrettent

d’y être allés… Est-ce votre cas ?

Cela m’intéresserait beaucoup de savoir qui regrette d’y être

allé après seulement 6 mois !

Le marché est moins important que prévu, la taxation est

trop forte, l’offre de paris pas assez importante, mais le

potentiel reste élevé. Il y a encore un gros travail d’éducation

et de démocratisation du pari sportif à faire, mais il n’existe

pas de raison structurelle pour que cette activité ne se

développe pas autant qu’à l’étranger.

Vous disiez récemment que vous aimeriez proposer

plus de sports. Vous avez l’impression que s’il était

possible de parier sur plus de disciplines, les parieurs

seraient plus nombreux?

Ils ne seraient pas beaucoup plus nombreux, mais ils seraient

moins frustrés ! Pourquoi n’avons-nous pas le droit de proposer

des paris sur le match amical France – Angleterre en Football

alors que nous pouvons le faire sur France – Argentine en

test-match de rugby ? C’est frustrant pour nos joueurs et c’est

une nouvelle fois un avantage pour les sites en .com.

Le relatif manque d’engouement pour les paris sur

le football vous a-t-il surpris ? Non, compte tenu de la déroute de l’Equipe de France en

Afrique du Sud.

Pensez-vous que BetClic restera longtemps le leader

hégémonique en matière de paris sportifs ?

Ils en ont les moyens. Tout dépendra de nous !

Vous faites assez peu parler de vous en matière de

poker. Est-ce délibéré?

Nous avons été agréablement surpris par le très bon

démarrage de notre produit poker sans avoir beaucoup

communiqué dessus. Cela va changer très vite !

Quel est votre regard sur la guerre sans merci que

se livrent Winamax et PokerStars, les leaders du

marché du poker en ligne?

C’est une très bonne chose pour le secteur. Ils démocratisent

le poker en ligne en communiquant massivement et cela

oblige les autres acteurs à innover.

Même le PMU dispose maintenant d’un team de

champions de poker médiatiques… Qu’allez-vous

faire en la matière?

Notre stratégie à venir nous permettra de toucher les

joueurs avertis et les novices via plusieurs axes de

communication impactant. Nous sommes en pleine réflexion

sur le team SAjOO.

Vous dites souvent que vous êtes là pour durer,

que vous avez un business plan sur cinq ans.

Cela signifie-t-il que vous n’avez pas l’intention de

figurer parmi les leaders ?

Être leader aujourd’hui est

plus facile que de l’être dans

3 ou 5 ans. La taille du budget

de communication fait pour

l’instant la différence.

À terme, la qualité du produit,

des services, la diversité de

l’offre et les innovations

technologiques compteront beaucoup plus.

Nous ne sommes pas là pour faire un coup, ou pour revendre

notre base de joueurs à court terme. Notre marque n’existait

pas il y a 6 mois, notre base de données de clients était vide à

l’ouverture du marché et pourtant nous faisons déjà partie

des leaders en paris sportifs avec une marge de progression

encore très forte.

Christophe Blot est très optimiste pour le marché…

Et cela veut-il dire que vous pensez que de

nombreux opérateurs voient moins loin que vous

et sont condamnés à disparaître… ou fusionner

entre eux?

Certainement…

Philippe Carli, ancien de Siemens, est depuis peu

directeur général du groupe Amaury. Quel regard

porte-t-il sur SajOO? S’occupe-t-il personnellement

de vos activités ?

Il découvre, il écoute, il s’implique. Nous sommes la tête dans

le guidon depuis plusieurs mois et c’est toujours motivant

d’avoir un regard neuf sur notre business.

Vos relations avec bwin sont-elles toujours au beau

fixe? Sur tous les plans ?

Oui, car au-delà d’une relation contractuelle, il s’agit d’une

relation de confiance. Nous pouvons avoir de temps en

temps des différences de point vue, mais celles-ci sont

particulièrement enrichissantes et bénéfiques pour le business

à court et moyen terme.

Quelle sera votre stratégie de communication en

2011? En quoi vous démarquerez-vous de vos

concurrents ?

Nous finalisons en ce moment cette stratégie sur la base d’un

historique d’activité de 6 mois. Nous pourrons vous en dire

plus rapidement.

On parle énormément des colossaux budgets de

lobbying des opérateurs. Pouvez-vous nous dire

quel sera le montant de vos investissements en la

matière en France pour 2011?

Ce sont avant tout les hommes qui font le lobbying, plus

que l’importance du budget consacré, très faible en ce qui

concerne SAjOO.

Pensez-vous que vous

allez perdre de l’argent

avant les révisions de la

loi ? Des sommes

importantes ?

Nous allons perdre de

l’argent comme tous les

acteurs. Nous espérons être rentables dans 2 ans.

Craignez-vous, en cas d’alternance politique,

c’est-à-dire de victoire de la gauche dans un peu plus

d’un an, de voir la loi révisée dans un sens qui ne

vous serait pas avantageux?

La loi doit être révisée indépendamment de toute sensibilité

politique. C’est du bon sens économique. Plus il y aura

d’acteurs, si possible rentables rapidement, plus les rentrées

fiscales seront importantes à moyen et à long terme.

Propos recueillis par Bastien Collins, IGA Magazine

 

NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2010 – NUMÉRO 7

Ludovic Lacay (Winamax) :

“Je ne suis absolument pas

surpris par le phénomène”

Le champion de poker du team Winamax s’attendait au succès du poker en France

Membre du team Winamax depuis 2007, Ludovic Lacay,

25 ans, est l’un des joueurs de poker professionnels

français les plus admirés. Ancien étudiant en droit, il a

remporté de nombreux tournois internationaux.

Vous êtes membre duTeamWinamax depuis 2007.

Qu’est-ce qui a le plus changé depuis l’ouverture du

marché légal en France? En bien et en mal…

Beaucoup de choses ont

changé, tout d’abord le

nombre de participants

français aux tournois

internationaux, qu’ils soient

qualifiés ou sponsorisés. Mais

aussi le nombre de tournois

organisés en France ou

d’émissions à la télévision. Et

puis bien sûr, Winamax a lancé sa propre plate-forme qui est

bien mieux que l’ancienne ! Le poker devient omniprésent et

c’est tant mieux.

Avez-vous été contacté par d’autres opérateurs ?

La réponse étant forcément positive, pourquoi

avez-vous choisi de continuer avec Winamax?

Avant de signer chez Winamax je n’étais qu’un joueur internet

inconnu qui jouait certes assez cher, mais qui n’avait pas la

moindre expérience. Ils sont venus me proposer de faire le

tour du monde et de participer à tous les tournois de poker

les plus prestigieux et rien que pour cela je me dois d’être

fidèle. Mais aussi parce qu’à tous les niveaux le projet poker

de Winamax est le meilleur. J’aime leur façon de recruter des

bons joueurs ou des joueurs à potentiel plutôt que des

outils marketing. J’aime surtout leur approche qualitative

comparée aux autres opérateurs du marché “.fr”. La poker

school et WAM-Poker en sont de bons exemples. Ainsi que

la qualité des reportages, des publicités ou même de la

prévention anti addiction. Je savais qu’en restant chez

Winamax, je restais avec le site le plus proche de la

communauté de joueurs de poker et celui qui allait faire

le plus pour eux.

Le poker en ligne en France est un succès. Plus

important que prévu. Est-ce que cela vous surprend?

Vous attendiez-vous à un phénomène de cette

ampleur ?

Je ne suis absolument pas surpris par ce qui se passe,

depuis plusieurs années maintenant, notamment grâce aux

émissions de Patrick Bruel, le poker est devenu un jeu

populaire. Tout ce qui gênait les joueurs français est maintenant

révolu, les sites sont en français et pour des Français, on joue

en euros et les dépôts sont faciles. Et les gens se sont rendu

compte que quand on parle

de poker, on ne parle pas du

jeu des gangsters d’il y a

quelques années, mais bien

d’un jeu qu’on peut pratiquer

sans honte comme un loisir.

Pensez-vous que les

jeunes qui rêvent de

devenir joueurs de poker

professionnels sont de plus en plus nombreux? En

rencontrez-vous beaucoup et que leur dites-vous ?

Il y en a bien sûr et je tente au maximum de les prévenir des

risques d’un tel projet. On ne choisit pas de devenir joueur de

poker, c’est une décision qui vient naturellement quand on

réalise qu’on gagne – et ce régulièrement et sur plusieurs mois

– beaucoup plus d’argent au poker que dans la vie.

Il faut aussi prendre en compte la durée de la carrière d’un

joueur de poker, si l’on a la possibilité de passer pro et qu’on

est en dernière année d’études, je ne le recommande pas

puisque rares sont les joueurs qui en vivent toute leur vie.

Il faut en quelque sorte prévoir l’après poker avant de s’y

mettre complètement.

Le poker est de plus en plus omniprésent à la

télévision. Avez-vous des projets ? Aimeriez-vous

devenir une “vedette” du poker à la télé?

Animeriez-vous un reality show poker?

Je n’ai aucun projet à l’heure actuelle, le jeu en lui-même me

prend beaucoup de temps et je ne suis pas un grand fan des

émissions qu’il y a actuellement. Si un projet original et

intéressant dans lequel je peux apporter quelque chose se

développe alors avec grand plaisir !

Vous-même, êtes-vous joueur ? Si oui, pariez-vous enligne? Sur quels sites ? Jouez-vous à d’autres jeux

d’argent ?

Je suis un petit joueur, il m’est arrivé de faire un loto foot (je

suis persuadé d’être bon en

pronostics footballistiques) ou

de jouer à la roulette. Mais ce

sont plus des hobbies

qu’autre chose et je n’y joue

pas des sommes comparables

à celles que je joue au poker.

Considérez-vous que le

fait d’être un pure player

poker est un atout majeur pour Winamax. Pourquoi ?

Cela montre que Winamax ne joue pas sur tous les tableaux

pour gagner de l’argent et est un opérateur de poker en ligne

expert. Je pense que les utilisateurs s’en rendent compte et

c’est pour cela que le site est aussi populaire.

Ludovic Lacay est l’un des meilleurs joueurs de poker français

Vous venez d’avoir 25 ans. Certains jeunes requins du

poker vous considèrent-ils déjà comme un “vieux”?

Le jeunisme n’est-il pas de plus en plus brutal dans le

monde du poker?

Je me revois encore il y a quelques années à leur place et

je les comprends. Moi aussi je jouais jour et nuit et regardais

avec mépris les joueurs plus âgés comme si je savais quelque

chose qu’ils ne savaient pas. La réalité est que chacun essaie

d’être heureux comme il peut. Quand on a 18-19 ans on a

faim d’inconnu, d’adrénaline, de reconnaissance, alors on se

jette dans le poker à 100% et cela nous suffit. Puis, après

quelques années, on fait attention à équilibrer notre vie : le

poker devient le côté professionnel et on fait en sorte qu’il

n’affecte en rien notre vie personnelle.

Je m’inquiète tout de même aujourd’hui de voir de plus

en plus de jeunes joueurs sponsorisés ou “stackés” qui

s’habituent à cette vie de luxe et de folie sans avoir le

niveau pour faire régulièrement des résultats, sans les

diplômes pour préparer l’après-poker. Beaucoup d’entre eux

vont avoir des difficultés à redescendre sur terre.

Pensez-vous que votre carrière de champion de

poker peut encore durer longtemps ?

Que manque-t-il encore à votre palmarès ?

Il me manque un titre et je compte bien le décrocher dans les

années à venir. J’ai encore de beaux jours devant moi.

N’avez-vous pas le sentiment qu’il existe

maintenant trop de tournois ?

Pensez-vous qu’il faut que certains disparaissent ?

Je pense que le calendrier est très bien comme il est, il y a

des tournois partout et à buy in divers, la plupart sont bien

remplis donc je ne vois pas pourquoi ils devraient disparaître.

À chacun de préparer son calendrier en fonction de sa

bankroll et des destinations qu’il affectionne, personne n’est

obligé de tout jouer.

Comment voyez-vous le monde du poker en ligne

dans quelques années?

Je pense que le poker en

ligne a encore de beaux jours

devant lui comme en

témoigne la fréquentation des

sites sur les marchés plus

anciens comme la Scandinavie

ou les USA. Il y a un peu de

moins de joueurs qu’au pic,

mais cela s’est stabilisé à un

niveau assez élevé.

Bien sûr, il y aura moins de sites, les moins rentables vont

progressivement se faire dévorer par quelques gros, ce qui

réunira les joueurs sur des serveurs plus remplis avec des

prizepools plus gros.

Propos recueillis par Geoffrey de la Trémoille

IGA Magazine

 

NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2010 – NUMÉRO 7

Christian Rajter (Mobenga):

“Vers des téléphones de

plus en plus intelligents”*

Pour Christian Rajter, nous ne sommes qu’au commencement de l’ère des mobiles

Entretien avec Christian Rajter, fondateur de Mobenga

et spécialiste des paris sur mobile.

Pourquoi avez-vous crée Mobenga?

Voyant la complexité et la

fragmentation des médias

mobiles ainsi que l’énorme

potentiel inexploité de ce

canal, j’ai vu qu’il y avait une

opportunité de créer le

meilleur service mobile au

monde pour les opérateurs

de paris sportifs.

Comment voyez-vous le futur du pari via les

téléphones mobiles ?

Nous n’en sommes qu’au commencement de l’ère du

mobile. Nous assistons actuellement

à un changement de comportement,

pas seulement concernant le pari via

mobile, mais plus généralement

relatif à la consommation nomade

de l’information. Le mobile donne

l’opportunité à l’utilisateur de parier

n’importe où et n’importe quand.

De plus, il permet une meilleure

interaction entre opérateurs et utilisateurs, ce qui

permet d’entretenir une relation plus privilégiée. Le

mobile est une extension naturelle dans la vie de chaque

personne et je prévois que le pari en fera partie. Nous

pouvons déjà voir le succès des opérateurs de paris

sportifs qui font le pari stratégique du mobile. Ils voient

leur activité croître, essentiellement du fait qu’ils

prennent les paris des clients qui ne sont pas à

proximité d’un ordinateur. Cependant, je suis convaincu

que dans une année ou deux, une partie des clients des

opérateurs n’aura jamais accès aux offres par un autre

canal que le mobile. Le segment “exclusivement mobile”

émergera.

Christian Rajter

Parlez-nous de vos clients. Qui sont-ils et

pourquoi vous ont-ils choisi ?

Notre clientèle se compose d’une partie non négligeable

des plus grands opérateurs de paris sportifs mondiaux :

Paddy Power, Unibet, Betclic en Europe, 188BET en

Asie… Mobenga est un partenaire pour solutions

mobiles dont la spécialité est d’aider les opérateurs à

transformer leurs offres afin qu’elles soient

complètement adaptées aux spécificités du monde

mobile, tout en conservant leur identité propre. Cela

signifie que notre travail est fait sur mesure. Dans chaque

cas nous répondons aux exigences et à la vision de

l’opérateur. Nous sommes l’unique partenaire de

solutions mobiles à faire cela et à pouvoir développer notre savoir-faire sur l’ensemble des technologies

mobiles existantes :Android, iOS, HTML5… Je crois

que nos clients trouvent en nous un partenaire stable

et de confiance pour l’avenir, un partenaire avec un

grand savoir-faire et des idées novatrices sur lesquelles

ils pourront bâtir avec succès leur stratégie sur mobile.

Quelles sont les choses que les gens ne réalisent

pas concernant le futur de la téléphonie? Sur

quoi se trompent-ils ?

Si par “gens” vous entendez les opérateurs de jeux,

alors c’est le fait qu’il sous-estime la complexité et la

fragmentation de l’environnement lié aux mobiles.

Il y a une tendance forte vers la

diversification au lieu d’une

harmonisation des standards, tant

au niveau des appareils que des

“O.S.” Chez Mobenga, nous

voyons le mobile comme un

canal et non pas comme un

produit ou comme une multitude

de technologies. Nous

sommes l’outil permettant de régler l’ensemble des

problèmes des opérateurs, afin qu’ils puissent se

concentrer sur leurs affaires.

En tant qu’ancien directeur d’Expekt, pensez-vous

que Mangas Gaming soit un succès ?

Je n’ai aucune visibilité interne sur le groupe Mangas,

par conséquent, je ne peux pas apporter de

commentaire. Toutefois, nous avons le plaisir de travailler

en étroite collaboration avec BetClic. C’est un de nos

clients et je dois dire que je suis vraiment impressionné

par l’organisation et les personnes qui y travaillent.

Pensez-vous que le marché français puisse

devenir l’un des plus importants ?

Absolument. La France est un marché intéressant et

à très gros potentiel. Les possibilités sont multiples,

car le pays possède une culture forte des paris et

un savoir-faire dans les technologies novatrices.

La prochaine grande étape sera-t-elle celle

du poker via les téléphones mobiles ?

À mon humble avis, non. Le poker est jeu ou le

temps est une notion essentielle. Le fait d’être relié

et dépendant d’une connexion réseau pourrait

avoir un impact négatif sur l’expérience de jeux

des utilisateurs (ralentissement, déconnexion…).

L’autre raison est plus liée aux comportements

des utilisateurs de mobile, qui ont tendance à

fragmenter l’utilisation en de très petites séquences.

C’est idéal pour le pari sportif, acceptable pour le

casino et les jeux, mais peu adapté au poker, puisque

la plupart des types de poker (en dehors des cash

games) nécessitent un laps de temps important.

Ceci pour plusieurs raisons, mais principalement parce

que le poker est jeu ou le temps est une notion

essentielle. Le fait d’être relié et dépendant d’une

connexion réseau pourrait avoir un impact négatif

sur l’expérience de jeux des utilisateurs (ralentissement,

déconnexion…).

Êtes-vous plutôt fan d’Apple, de Google ou de

Microsoft ?

Whaow, c’est une question difficile ! Depuis que j’utilise

l’iPhone je ne peux plus

m’imaginer sans, je suppose

donc je suis fan d’Apple. Mais,

en même temps, je suis un

très grand fan de Google et

d’Android et j’adore l’approche

de l’open source. Je vois aussi

plus de potentiel dans Android.

Microsoft a de son côté,

beaucoup à faire pour regagner la confiance de ses clients

quand il s’agit de médias mobiles. Le développement de

Windows 7 va être très intéressant à suivre, d’autant plus

que je pense que c’est leur “dernière chance”.

Nous avons le sentiment que chaque année ou

presque, nous assistons à une nouvelle

révolution. Quelle sera la prochaine?

La révolution du mobile a déjà commencé et est partie

pour durer. Celui ou celle qui ne s’en rend pas compte a

bien du retard. L’avenir pour les mobiles, ce sont des

téléphones intelligents, de plus en plus intelligents !

Propos recueillis par Pierre-Henri Baron

IGA Magazine

NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2010 – NUMÉRO 7

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