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Olivier ou Ramdane (EurosportBET): "Si vous jouez, forcément, vous finirez par perdre"

La Coupe du monde terminée, l'heure est au bilan pour les sites de paris sportifs, autorisés en France depuis le 8 juin. Et le score est sans appel: les sites ont gagné, la grande majorité des joueurs ont perdu, affirme Le Point, qui fait... le point.

"Si vous jouez, forcément, vous finirez par perdre, prévient Olivier Ou Ramdane (en photo), patron du site eurosportbet.fr (groupe TF1). Il faut concevoir le pari sportif comme un loisir. Ce que vous perdez, c'est le prix du plaisir que vous achetez."

Le Mondial a été également l'occasion pour Le Point.fr de passer au crible les dix bookmakers en ligne autorisés par l'Arjel (Autorité de régulation des jeux en ligne). La loi est parfois mise à mal.

Le grand souci du législateur consistait à éviter que les mineurs puissent avoir accès au jeu. À ce titre, la loi stipule que le joueur doit saisir sa date de naissance à chaque fois qu'il se connecte à un site. Dans les faits, la Française des jeux (à travers son site parionsweb) et eurosportbet.fr sont les plus scrupuleux. Sur le site du PMU, la date de naissance est préenregistrée une fois pour toutes, ce qui est une entorse à la loi. Sur betclic.fr, le pseudo, le code confidentiel et la date de naissance sont préenregistrés, si bien qu'en deux clics, le site est très aisément accessible par tous les mineurs qui se trouvent au foyer. Grosse entorse à la loi!

La vidéo gratuite sur betclic.fr

Le pari en direct représente le secteur qui demande sans doute le plus de régulation. En direct, l'affichage des scores pose des problèmes assez souvent en raison de son retard par rapport au temps de jeu réel. L'information représente cependant un élément-clef dans le risque du parieur. Dans ce domaine, on observe un décalage, parfois important, entre l'ouverture du pari, le point réellement marqué et l'affichage consécutif du score en cours. Le site le plus rapide demeure betclic.fr qui a l'avantage d'offrir, en outre, la vidéo (gratuite) de nombreux matchs de tennis du tournoi ATP et WTA. En revanche, sur eurosportbet.fr, les bugs dans l'affichage des scores sont fréquents. On constate parfois un bégaiement, le score passant, en tennis, de 30/40 à 30/30 avant de revenir à 30/40. C'est une question de serveur, explique-t-on...

Le PMU n'affiche pas les scores des sets précédents en volley-ball, ce qui rend difficile d'appréhender l'état des forces en présence. On ne parie pas de la même façon sur une équipe qui a déjà concédé deux sets à son adversaire... Sans recul sur l'historique des sets déjà joués, le parieur est privé d'une information essentielle à la formation de son jugement. Contacté, le PMU admet qu'il doit progresser dans ce domaine.

Du fair-play entre parieurs et bookmakers

Qu'en est-il du fair-play des paris? Toujours concernant les paris en direct, il n'est pas rare que les sites ferment les paris quand la partie est très bien engagée pour un compétiteur. C'est une pratique fréquente du PMU et de Betclic. Par exemple, dès qu'un tennisman mène 4 jeux à 2, Betclic ne propose plus de miser sur le gain du set en cours. Pourtant, en tennis, les retournements de situation ne sont pas rares. Pourquoi ne pas laisser la possibilité de miser sur le challenger dont la cote est forcément plus élevée ? Et pourquoi empêcher un parieur de miser sur le leader (même si la cote n'est plus que de 1,01)?

En somme, les sites ouvrent et ferment les paris à leur guise en faisant en sorte que les parieurs n'aient le choix de miser qu'en prenant le maximum de risque... Pas très fair-play. "Nous n'avons pas de pouvoirs spécifiques dans ce domaine, explique Jean-François Vilotte, président de l'Arjel. Mais nous avons mis en place un groupe de travail sur la qualité des sites. Ces questions pourront y être abordées dans la concertation." Remarquons que les parieurs ne sont pas représentés dans ce groupe de travail... Au PMU, on estime que le marché est "déjà fortement régulé".

Les cas de remboursements à peaufiner

Les cas de remboursements des paris ne manquent pas d'intérêt. D'abord, soulignons que lorsque des bugs informatiques surviennent, les services clients des sites sont à la disposition des parieurs lésés. Eurosportbet.fr fut remarquable dans le traitement d'une panne informatique d'une heure et demie survenue en début de Mondial. Le service client a, de lui-même, contacté les parieurs et payé les sommes dues en recherchant dans ses machines toutes les transactions avortées.

Quelle politique adoptée lorsqu'un compétiteur déclare forfait? Là aussi, il faudrait faire un distinguo entre les sports à risque ou d'endurance pour lesquels l'abandon fait partie de l'ordinaire, des sports d'adresse moins sujets à ce genre d'aléas. Dans le second cas, le forfait du compétiteur devrait donner lieu au remboursement des paris pris. Exemple: Rafael Nadal qui se blesse au deuxième set, un champion de tir à l'arc qui abandonne suite à une insolation, une équipe de football dont le bus essuie des coups de feu et qui refuse de jouer dans ses conditions... Est-il juste de faire payer le parieur dans ces conditions? L'Arjel a déjà obtenu qu'en matière de tennis, un match qui sera arrêté en cours de route fera l'objet d'un remboursement, sauf si certains résultats sont indiscutables. Exemple: si Federer abandonne en raison d'une gastrite au deuxième set et qu'il a perdu le premier 6-0, on considère que tous les paris engagés sur le premier set sont valables, gagnants ou perdants. L'Arjel pourrait envisager d'allonger la liste des sports pour lesquels un abandon en cours de route donnerait lieu à remboursement total ou partiel.

Addiction quand tu nous tiens!

À noter que le PMU a engagé une politique de larges remboursements tenant compte de circonstances exceptionnelles. Ainsi, le match Mahut/Isner à Wimbledon (qui a battu le record de longévité au 5e set avec un score de 70 à 68) a donné lieu à restitution de toutes les mises. De même que la déroute de l'équipe de France de football a incité le PMU à faire un geste: tous ceux qui avaient parié sur la victoire des Bleus au Mondial (un vrai choix du coeur !) ont été remboursés...

Enfin, l'Arjel est attentive au problème (réel) de l'addiction. Une mesure pourrait contribuer à éviter les débordements: une stricte limitation des mises à 100 euros, par exemple, avant compétition et à 30 euros en "live betting" serait un procédé concret et efficace, selon nous. Un message automatisé, sous forme de pop-up, devrait du reste s'afficher sur l'écran d'ordinateur au-dessus d'une certaine perte. Il serait assez judicieux d'instaurer un droit de rétractation du pari avant le début de la compétition. Le scénario de l'emballement est connu: on gagne une grosse somme et, dans l'euphorie, on rejoue aussitôt le gain en doublant la mise... Puis, l'euphorie passée, on réalise qu'on est allé trop loin. "Je n'y suis pas hostile, mais seulement si la rétractation entraîne une pénalité de l'ordre de 10%", rétorque Olivier Ou Ramdane. Le PMU, lui, y est clairement hostile: "L'Arjel a requis des opérateurs des limites que chaque parieur doit renseigner lui-même pour maximiser sa prise de conscience (...). Le dispositif global est conséquent et paraît suffisant pour ne pas déresponsabiliser les parieurs."
Et souvenez-vous d'une chose: avec le temps, vous perdrez! Toujours.

Source: Le Point


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