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Patrick Chêne : “Le poker fait désormais partie de nos priorités pour l’année 2011”

Publiée le 29 avr 2011 // Infos

Ancien journaliste et animateur sur France 2, Patrick Chêne est le patron du groupe Sporever, qu’il a créé en 2000 avec Jacques-Henri Eyraud. Depuis quelques mois, le groupe Sporever regroupe ses activités de production, d’édition et de paris en ligne sous le nom Media 365.

Sporever se porte bien. Est-ce grâce aux paris en ligne… ou en dépit de l’ouverture de ce marché?

Nous avons lancé notre activité de paris sportifs depuis octobre 2010 seulement. Nos performances sont encore trop peu significatives pour le groupe malgré des débuts très encourageants.

Comment vous positionnez-vous face aux BetClic, Bwin et autres géants du marché? Est-il possible de réussir sur ce marché en étant un “petit”?

Nous avons un positionnement radicalement différent de nos concurrents, car Sporever c’est aussi et surtout avec une audience fidèle qui nous suit sur tous les projets de la galaxie365 (Football365.fr, Sport365.fr etc.). Nous capitalisons sur cette audience plutôt que de nous lancer dans de gros investissements marketing off line. Nous nous sommes intéressés à mettre en exergue l’aspect communautaire propre à nos sites d’édition sportive en créant des programmes courts de web tv avec une mise en avant de nos parieurs dans nos promotions. Nos atouts sont également une forte réactivité sur les petits sports avec des cotes attractives et la possibilité de parier sur tous les sports agrée par l’Arjel.

Votre avenir passe-t-il nécessairement par des fusions, des acquisitions… ou la cession à un “gros” groupe?

Ce n’est pas à l’ordre du jour.

Pour parler clair : êtes-vous “à vendre”, comme tant d’autres?

Non pas du tout. Notre stratégie est de créer des actifs pour l’entreprise et de les faire grandir. Nous sommes au début d’un projet.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris depuis l’ouverture du marché? En bien et en mal?

La capacité de l’Arjel à réguler le marché dans un laps de temps si court.

Les difficultés financières rencontrées par les “gros” opérateurs malgré leur longue expérience dans le secteur. L’impact fiscal est vraiment trop fort!

Le poker, dont le succès est plus important que prévu, fait-il partie de vos priorités? Comment analysez-vous l’impressionnant succès de PokerStars?

L’activité poker fait partie de la continuité logique des attentes de nos internautes. C’est un projet interne qui, je ne le cache pas, a de fortes chances de voir le jour dans l’année.

Concernant PokerStars, je ne suis pas du tout surpris de leur succès. Ce groupe applique une stratégie locale spécialement adaptée à chacun des pays dans lesquels il est implanté. Cela va du sponsoring de célébrités locales, à l’organisation de tournois nationaux. Je ne suis pas légitime pour juger le marché, mais leur place de n°1 mondial me semble bien légitime.

Pensez-vous, comme moult observateurs, que les opérateurs illégaux représentent encore 30 à 50% des enjeux? La lutte contre ces illégaux est-elle trop timorée?

Non, nous avons confiance en l’Arjel.

Croyez-vous, comme certains observateurs, que le marché des paris sportifs en ligne sera, en réalité, relativement important? C’est-à-dire plus important que ce que l’on dit en ce moment?

Tout dépend si l’offre de paris est revue à la hausse ; davantage de marchés et davantage de types de paris disponibles.

Quelles sont les révisions de la loi qui s’imposent en priorité, selon vous?

Fiscalité (taxes sur les gains et pas les mises). En termes de types de paris, le fait que l’on ne puisse pas proposer de paris à handicap est une véritable contrainte par rapport à nos concurrents internationaux. Au niveau des matches amicaux, je trouve qu’il est difficilement compréhensible de ne pas pouvoir parier sur France-Brésil par exemple. Sur la fiscalité, je rejoins l’avis de nos confrères et concurrents. Elle est évidemment trop lourde.

Faites-vous beaucoup de lobbying?

Nous sommes membres du GESTE et à titre personnel mes activités me font rencontrer beaucoup de personnalités politiques.

Vous avez repris Politique Matin, sur La Chaîne Parlementaire. L’antenne vous manquait énormément?

Si l’antenne m’avait manqué, j’aurais accepté les propositions régulières qui me sont faites. Celle-là correspondait à mes envies et à mon savoir-faire.Tout simplement.

Sporever aura-t-il vocation à devenir un acteur majeur du PAF, d’une manière ou d’une autre?

Indirectement oui, car nous produisons des émissions de télévision pour de nombreuses chaînes via notre société de production, Bouyaka, rachetée en 2010. L’arrivée de Bouyaka a permis de proposer aux diffuseurs des contenus différents et complémentaires du sport.

Si vous aviez possédé une boule de cristal il y a dix ans, qu’est-ce que vous auriez fait autrement?

On peut toujours faire mieux, mais, le fait de mener une équipe de 110 personnes aujourd’hui dans une société saine m’empêche d’avoir des regrets.

Quels sont vos projets à moyen et long terme? À titre personnel et pour votre groupe?

Mon projet principal est de faire croître encore le groupe. Nous avons les bases et les outils – 2 studios, 2 régies, 40 stations de montages, des monteurs, des publications – pour satisfaire nos internautes et nos clients diffuseurs. Ce n’est qu’un début!

Vous-même, quels sont vos jeux favoris? Sur quoi pariez-vous?

Je suis joueur de poker, mais – ne le répétez pas – je préfère le jeu dans le monde réel plutôt que dans le monde virtuel…

Propos recueillis par James Van Burtow
IGA Magazine

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