Philippe Germond, PDG du PMU, souhaite que la loi soit promulguée début avril et attaque Aulas
Qui a dit: "J'espère que le Sénat va voter cette loi au mois de février et qu'elle pourra être promulguée début avril"? C'est Philippe Germond, le PDG du PMU! Incroyable paradoxe: il incarne le monopole mais il souhaite que l'ouverture soit rapide. Ce qui prouve que ce n'est pas une véritable ouverture, diront certains...
Interviewé par RMC et Le Parisien/Aujourd'hui en France, Philippe Germond, le PDG du PMU est omniprésent.
Sur RMC, il a déclaré qu'il voulait que la loi entre en vigueur "avant la Coupe du monde. Car ça serait totalement absurde si les seuls opérateurs illégaux pouvaient proposer des paris sportifs lors de la Coupe du monde de football. J'espère que le Sénat va voter cette loi au mois de février et qu'elle pourra être promulguée début avril."
En colère, Jean-Michel Aulas, le président de l'Olympique Lyonnais, accuse notamment le PMU de retarder l'ouverture du marché des jeux et paris en ligne et de faire du lobbying. Reconnaissant le monopole actuel de son entreprise dans ce domaine, Philippe Germond, PDG du PMU, lui répond: «paradoxalement, et je l'ai démontré par quelques interviews au mois de décembre: on est pour le vote de la loi, le plus rapidement possible.» Et le PDG du PMU d'expliquer tout en partageant l'empressement de Jean-Michel Aulas: «il a signé un contrat avec un opérateur illégal aujourd'hui en France; il ne peut pas mettre cette marque sur son maillot tant que la loi n'est pas votée et que cet opérateur n'a pas de licence.»
Autre entretien accordé par Philippe Germond au Parisien:
Quel est le bilan du PMU pour 2009?
Philippe Germond. Nous avons enregistré 9,3 milliards de paris et une croissance de 0,4%. Ce résultat satisfaisant montre la solidité de notre modèle même si nos clients ont été touchés par la crise et si le taux de chômage influe sur notre activité. Le pari moyen a baissé de 3%, mais nous réussissons à maintenir une légère croissance grâce à l’augmentation de l’offre de courses, au dynamisme de notre réseau de points de vente et Internet. Notre site affiche une hausse de 22% avec un chiffre d’affaires de 660 millions d’euros, ce qui en fait le premier site de paris en France.
Avec l’ouverture à la concurrence du marché des jeux en ligne, comment se présente 2010?
Je suis prudent. Néanmoins, je table sur une croissance de notre activité sur les paris hippiques supérieure à 2009 qui sera complétée par l’activité paris sportifs. D’ici à deux ans, notre ambition est de réaliser sur Internet près de 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires.
La concurrence ne vous inquiète pas plus que ça…
Au début, sur les paris sportifs et hippiques en ligne, il y aura des dizaines d’acteurs mais dans deux ans, leur nombre ne se comptera plus que sur les doigts d’une main car ne resteront que les plus forts dont le PMU.
Pensez-vous que la loi sur les paris en ligne sera promulguée à temps pour la Coupe du monde de foot?
En décembre, j’avais dit qu’il était urgent que cette loi passe avant. Car il serait paradoxal que la Coupe du monde de foot débute avec des opérateurs fonctionnant dans l’illégalité et que d’autres, comme le PMU, regardent les trains passer. Ce serait inconcevable et inacceptable.
Quelle est votre ambition sur les paris sportifs?
Mon ambition est que nous soyons parmi les trois premiers acteurs avec 20 à 25% de part de marché.
Comptez-vous proposer du poker en ligne sur Pmu.fr?
Ce n’est pas encore décidé. Il est évident qu’il y a des synergies entre les paris hippiques et les paris sportifs. Avec le poker, on entre dans un nouveau domaine, mais cela attire aussi une clientèle plus jeune. Donc, ça peut être intéressant.
Les sénateurs pourraient modifier la redevance sur les paris hippiques. Quels changements seriez-vous prêt à accepter?
A 8%, la redevance qui sera reversée à la filière hippique est à un niveau qui correspond aux besoins de financement du secteur. Je n’ai donc pas d’inquiétude. L’important est qu’elle soit inscrite dans la loi.
Le pari hippique va-t-il rester attractif?
Les courses sont un jeu de stratégie. Plus il y a de courses, plus les parieurs jouent. Plus il y a de partants, plus les enjeux sont importants. C’est un modèle vertueux. De plus, le rapport moyen du pari hippique restera plus intéressant que celui des paris sportifs, où les combinaisons sont souvent réduites.
Quelles seront les innovations que vous proposerez en matière de paris hippiques?
Nous allons étendre le pari flexi (NDLR: mise initiale divisée par deux), poursuivre l’augmentation de l’offre notamment les dimanches matin, et gérer notre portefeuille de paris. Les jeux qui ne trouveraient pas leur public, comme le Quadrio, pourraient être abandonnés et nous en étudions de nouveaux, sans doute des paris simples. Pourquoi ne pas proposer un jeu qui consisterait à trouver le deuxième d’une course? Nous n’avons pas de dogme en la matière et nous cherchons ce qui répond au mieux aux attentes des parieurs.
Sources: RMC et Le Parisien/Aujourd'hui en France

