Flux RSS


Le média global de référence du secteur de l'iGaming et du monde de l'affiliation

"Portraits de familles" des opérateurs de jeux en ligne en France

Revue de presse: L'Expansion publie une enquête consacrée aux "familles" des jeux en ligne: A quelques mois de l'ouverture à la concurrence des jeux d'argent sur le Net, les différents acteurs affûtent leur stratégie. L'enjeu: un marché estimé à 2 milliards d'euros. Portraits de familles.DesseignePierre

Photo de Dominique Desseigne (Groupe Barrière) avec Pierre Sarkozy (site de L'Expansion)

Rendre les Français accros aux jeux d'argent sur Internet, voilà le rêve des futurs opérateurs de paris en ligne, qui attendent fébrilement l'ouverture du marché à la concurrence, annoncée pour l'été.

Sociétés de paris opérant pour l'instant depuis l'étranger, ex-monopoles, casinotiers, radios, chaînes de télévision, fournisseurs d'accès à Internet, chacun veut sa part d'un gâteau qui devrait s'élever à 2 milliards d'euros en 2012. Mais, sur la quarantaine de partants, seuls cinq ou six franchiront la ligne d'arrivée. Car le cahier des charges défini par le législateur va profondément modifier l'attrait et les modèles économiques des sites jusque-là illégaux. Le taux de redistribution aux joueurs sera plafonné à 85% (contre 92% aujourd'hui), ce qui signifie que ces derniers gagneront moins. Surtout, la fiscalité (environ 9%), la contribution au monde du sport et les obligations d'investissement dans des serveurs informatiques, qui feront office de boîtes noires en cas de litiges, sont autant de barrières à l'entrée de ce marché.

LES HORS-LA-LOI

Bravant le monopole de la Française des jeux et du PMU, de nombreux acteurs sont entrés sur le marché français par effraction en opérant depuis Londres, Malte ou Gibraltar. Cela a valu à certains de passer quelques heures en garde à vue pour "tenue illicite de jeux de hasard", avant que la justice européenne ne leur donne raison. C'est le cas du créateur du site Zeturf, Emmanuel de Rohan-Chabot, ou de l'Autrichien Norbert Teufelberger, patron de la société Bwin, l'un des opérateurs les plus agressifs dans la conquête de marchés, avec les géants anglais PartyGaming et Sportingbet.

Stéphane Courbit, l'ex-tycoon de la télé-réalité, entend lui aussi s'imposer sur ce marché. Depuis 2007, il a construit à coups d'acquisitions Mangas Gaming, qui regroupe aujourd'hui BetClic, Expekt, Bet-at-home et le site de poker en ligne Everest. Celui qui parraine déjà les clubs de foot de Lyon et de Marseille s'est allié à la très chic Société des bains de mer de Monaco, et le fera bientôt avec le Groupe Louis-Dreyfus. Il revendique déjà près de 12 millions de joueurs et un produit brut de jeu de 300 millions d'euros.

Parmi ceux qui comptent, il y a aussi Unibet, basé à Malte, propriété d'un fonds d'investissement et parrain du PSG. Avec 3,7 millions de clients en Europe, il était jusqu'à présent, en France, allié à RMC. Un partenariat comme il en existe beaucoup entre opérateurs et groupes de médias: RMC apporte du contenu et de l'audience, en échange d'achats d'espaces publicitaires. Autant dire que Julien Brun, représentant d'Unibet en France, a peu apprécié d'apprendre par la presse le récent accord signé entre RMC et le PMU.

LES OPÉRATEURS HISTORIQUES

Les opérateurs historiques marchent sur des ?ufs. Ils doivent à la fois déployer de grands moyens pour ne pas se laisser déborder par cette nouvelle concurrence, et veiller à ne pas abuser de leur position dominante. L'Etat a clairement dit que les activités de monopole ne pouvaient pas financer des métiers en libre concurrence. Les sites "illégaux" ne leur feront aucun cadeau. Isabelle Parize, directrice générale de Mangas Gaming, l'assure: "Nous y veillerons, faites-nous confiance." Autrement dit, le PMU ne pourra pas puiser dans l'argent des courses pour investir dans son site de paris en ligne. Cela n'empêche pas Philippe Germond, le patron du PMU, d'afficher de grandes ambitions dans l'hippisme, mais aussi dans les paris sportifs. Il était temps. La Française des jeux, alliée à RTL, au quotidien gratuit 20 Minutes,à SFR et, plus récemment, à TF 1 avait pris une longueur d'avance.

LES CASINOTIERS

Les casinotiers voient eux aussi d'un très mauvais œil l'arrivée de nouveaux entrants sur leurs terres, le poker notamment. Patrick Partouche, à la tête des casinos du même nom, parle de "mascarade" et critique vivement un projet de loi qui, selon lui, fait la part belle à la Française des jeux et au PMU. Du coup, il menace de ne pas être candidat à l'obtention d'une licence française. Dominique Desseigne, propriétaire des casinos Barrière et proche de Nicolas Sarkozy, a joué plus finement: il a décidé de se rapprocher de la Française des jeux. Des négociations fortement poussées par l'Elysée, dit-on. "Les discussions ne sont pas arrivées à leur terme. Nous attendons le passage du projet de loi au Sénat pour y voir plus clair", précise Patrick Buffard, directeur général adjoint du marketing à la Française des jeux.

LES OUTSIDERS

Après des mois de tergiversations, les groupes de médias abattent leurs cartes. Certains - RTL, Europe 1, RMC - se contenteront de capter la manne publicitaire de ce nouveau marché; d'autres ont choisi d'être opérateurs. TF 1 vient de prendre le contrôle d'EurosportBet, le site de paris sportifs initialement développé par la chaîne Eurosport et par le fonds Serendipity.
En partenariat avec l'autrichien Bwin, le Groupe Amaury (L'Equipe, le Tour de France, le Paris-Dakar, etc.) s'apprête à déployer Sajoo, son site de paris sportifs. Mais le projet de loi est sans ambiguïté: Amaury ne pourra pas proposer des paris sur les compétitions qu'il détient. C'est pourquoi M6, actionnaire des Girondins de Bordeaux, a renoncé à se lancer dans les paris sportifs pour se concentrer sur le poker.

Lire également les "portraits de familles" de L'Expansion


Taggé avec: ,

Laisser une réponse

Please note: comment moderation is enabled and may delay your comment. There is no need to resubmit your comment.

Spam protection by WP Captcha-Free