Pour L’Humanité, l’Etat, le mouvement sportif et la lutte contre le dopage sont les perdants de l’ouverture du marché
L’ouverture du marché des jeux sportifs sur Internet débute aujourd’hui avec la délivrance des premières licences aux opérateurs. Les financiers y trouve leur compte, pas les sportifs, selon le quotidien L’Humanité (en partie financée par Lagardère):
François Ier l’a fait, Sarkozy l’a défait. Après 471 ans d’existence, le monopole d’État sur les jeux d’argent prend fin aujourd’hui. L’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel), créée par la loi du 13 mai sur la libéralisation des paris sur Internet, délivre ce matin ses premières licences à une quinzaine d’opérateurs. À la veille de la Coupe du monde, les paris sportifs, hippiques et le poker en ligne sont donc ouverts et devraient générer deux milliards d’euros. Mais tout le monde ne sera pas gagnant.
Heureux aux jeux d’abord, les sites basés à l’étranger qui ont poussé la Commission européenne à mettre en demeure la France de libéraliser le secteur. Ces plates-formes, qui proposaient illégalement des paris aux internautes français, comptent sur leur notoriété pour capter le marché face à la Française des jeux ou au PMU, paradoxalement contents car ils ont profité de leur position dominante pour occuper le terrain.
Heureux surtout les groupes de médias qui espèrent capter les 750 millions d’euros de budget communication (étude NPA conseil) que les sites devraient investir en trois ans pour se faire connaître, et mettre la main sur les internautes parieurs, via des sites de jeu montés pour l’occasion. Quant aux clubs de Ligue 1, ils devraient s’accaparer trois quarts du sponsoring des sites dans le sport.
Et les perdants? L’État qui, selon l’ancien ministre du Budget Éric Woerth, ne va pas voir ses taxes sur les jeux augmenter significativement. Le mouvement sportif, hors les disciplines médiatiques (tennis, foot…), qui devra se contenter du prélèvement de 1,5% des mises pour son Centre national pour le développement du sport.
Perdante aussi la lutte contre le dopage, dont l’idée d’une taxe de 4 % sur les mises pour alimenter l’Agence française n’a pas été retenue. Impair et passe enfin pour la prévention contre l’addiction aux jeux. Cinq petits millions lui sont réservés pour financer des actions auprès des deux millions de parieurs français. Mais rien pour le site Aide info jeu et une réglementation très lâche sur la publicité des sites de jeu à la télé et à la radio.
Source: L’Humanité













