Marchés étrangers
La fin de la “prohibition” annoncée aux Etats-Unis
Dans le monde entier, les choses évoluent très rapidement en ce qui concerne les législations s’appliquant aux jeux d’argent en ligne. C’est ce que constatait récemment le New York Times (éditions imprimées et en ligne du 26 avril 2009). Trois ans après le début de la “prohibition ” aux États-Unis, c’est-ą-dire de la mise en application de la loi dite UIGEA (Unlawful Internet Gambling Enforcement Act), interdisant les transactions financières pour les sites de jeux d’argent, le quotidien annonçait une nouvelle crise.
Et c’était avant que Barney Frank, le président du comité des finances de la Chambre des Représentants présente son Internet Gambling Regulation Consumer Protection & Enforcement Act, un projet de loi de 48 pages, le 6 mai 2009. CELA PRENDRA DU TEMPS…
C’est sur le compte du pragmatisme de l’administration de Barack Obama qu’il faut mettre l’abolition de la loi deprohibition voulue par les républicains. En effet, comme l’explique au New York Times l’analyste Gavin Kelleher, de la firme irlandaise H2 Gambling Capital, “ on joue toujours énormément” sur le Web (aux États-Unis)… mais “ le gouvernement n’en tire plus aucun revenu ”. Et la nouvelle administration a compris que cet argent “ pourrait lui servir ”. Concrètement, selon une étude de PricewaterhouseCoopers l’État américain pourrait engranger “plus de 50 milliards de dollars en 10 ans ” en légalisant ne serait-ce qu’une infime partie des jeux d’argent en ligne.
Nick Batram, un analyste de KBC Peel Hunt, ą Londres, précise que cela prendra néanmoins un peu de temps : “ La mise en place de la législation anti-jeu ayant été plus longue que prévu, il sera probablement également assez long d’y mettre un terme. ” Selon les études de H2 Gambling Capital, l’industrie du jeu en ligne a généré un chiffre d’affaires de 22,6 milliards de dollars en 2008 (contre 17,6 milliards en 2006), dont plus du quart en Amérique du Nord (États-Unis et Canada), avec environ 6 milliards de dollars.
PAS DE LOGIQUE EUROPÉENNE
Les casinotiers américains pourraient être “ favorisés ” par la nouvelle législation. Pour le New York Times, le fait que le groupe Harrah’s Entertainment, propriétaire du Caesars Palace et de moult autres casinos, ait récemment engagé Mitch Garber, unancien dirigeant de PartyGaming, est un signe.
Le quotidien américain souligne que “ c’est sous la pression de Bruxelles ” que “plusieurs membres de l’Union européenne, dont la France, l’Italie, l’Espagne et le Danemark ” ont choisi de légaliser une partie du secteur. Mais que d’autres pays, comme l’Allemagne, la Grèce et les Pays-Bas “ tiennent bon ”. Ce qui tendrait ą prouver qu’il n’y a pas de “ ligne européenne ”… Et Nick Batram de railler Bruxelles : “ Il est intéressant de voir que la Commission Européenne dit aux États-Unis qu’ils persécutent des entreprises européennes alors qu’elle n’est même pas capable de mettre de l’ordre chez elle. ” C’est bien évidemment un Anglais qui s’exprime…
Pour conclure sur les États-Unis, même si le projet de Barney Frank est globalement jugé médiocre, l’abolition de l’ UIGEA est désormais jugée inéluctable…
James Van Burtow
L’article du New York Times mentionné ci-dessus est disponible sur le site de ce quotidien : nytimes.com.
Pour le New York Times, le gouvernement est pragmatique Le président américain Barack Obama et le président français Nicolas Sarkozy affichent leur proximité, en avril 2009
JUIN / JUILLET 2009 – NUMÉRO 3


