Tribune: Partenariats financiers et consolidation dans les jeux d’argent en ligne, par Paul Bougnoux, financier
Nous reproduisons le texte intégral de l’intervention de Paul Bougnoux, financier, spécialiste du secteur, lors d’une conférence à l’Hotel Méridien le 26 Mai 2010: « Partenariats financiers et consolidation dans les jeux d’argent en ligne ».
Les opérations de M&A (d’une manière générale les fusions, acquisitions, introductions en Bourse) devraient se développer ces prochains mois et prochaines années dans le secteur des jeux en ligne.
Tout d’abord, les données propres au secteur des jeux d’argent en ligne en font un secteur attractif pour ce type d’opérations:
- Un secteur important: un C.A. de 30,3 Milliards USD, représentant aujourd’hui près de 9% du secteur des jeux d’argent mondial (estimé à 336 Milliards d’USD) selon les estimations de
H2Gaming Capital
- Un secteur en forte croissance : avec une moyenne mondiale de 10% par an, et de fortes divergences selon les continents (+17% en Europe, +26% en Amérique centrale et Amérique du Sud, et 7% en Asie)
- Un développement attendu avec l’ouverture potentielle du marché US et l’ouverture progressive des marchés européens (dont la France dans le cas présent)
- Plus généralement, le développement de l’internet haut débit
- Et une convergence des media qui regroupent: télévision, internet, internet mobile,…
- Emergence depuis 10 ans de sociétés de toute taille et très diverses: certaines hyper spécialisées, d’autres très diversifiées.
- Enfin, derniers éléments clés propres au secteur qui le rendent attractif pour les opérations de fusion et acquisition, sont le passage d’une industrie atomisée à un secteur financiarisé:
• Apport de méthodes traditionnelles de gestion
• Consolidation du secteur par rachat d’entreprises
• Entrée d’investisseurs financiers et d’opérations d’introduction en Bourse
Le marché anglais semble nous indiquer que la consolidation n’est pas si rapide qu’attendue car de nombreuses sociétés restent présentes et actives. A contrario, la consolidation semble avoir débuté sur le marché italien, auquel le marché français est souvent comparé.
Rappelons les différents profils types d’acquéreur:
- Investisseurs purs qui sont attirés par la forte croissance du secteur et du marché, comme initialement en France Mangas Capital ou Serendipity. Ces deux groupes ont investi dans différents secteurs déréglementés, attirés par la création de valeur et la croissance de ces secteurs en mutation
- Groupes pure player online Citons par exemple des stratégies de développements par croissance externe menées par PartyGaming, Playtech, Bwin, 888 ou SportingBet
- Groupes de Casinos terrestres (par exemple: groupes américains type Harrah’s) ou de betting shop qui peuvent ainsi s’appuyer sur une clientèle et une marque existantes pour créer du trafic sur leur sites
- Groupes media et télécom (Illiad, Amaury, TF1, …)
- Nouveaux entrants comme SEGA …
Eléments rationnels et bénéfices provenant d’une acquisition, selon le type d’acquéreur:
- pour un opérateur, par essence positionné sur une offre B2C:
• Acquisition de parts de marché
• Expansion géographique
• Diversification de l’offre
• Développement du portefeuille de marque
• Opportunités d’achat comme les synergies sur les coûts, le marketing,
• Cross fertilisation des compétences
- Pour une société prestataire, par essence positionné sur une offre B2B:
• Recherche d’économies d’échelle
• R&D
• Compléments technologies
- Pour un nouvel entrant:
• Diversification du portefeuille d’activités
• Attrait d’un secteur en forte croissance
• Acquisition plus rapide et plus sure si les cibles bénéficient déjà de licences qui
rendent leur activité légale et d’un modèle déjà éprouvé (C.A., clients, management,…)
• Par contre :
> Difficultés à comprendre le secteur: peu d’informations surtout financières
… mais on n’y reviendra plus tard.
- Pur investisseur:
• Les entreprises du secteur génèrent un fort cash flow: ce qui attire très surement les fonds d’investissement
• Le secteur, encore une fois est en forte croissance
• Par contre, les fonds d’investissement sont parfois gênés par:
> Aspects réglementaires (risque de perte de la licence ou de l’agrément, risque avec des tribunaux si opérations dans des pays où le jeu est interdit: USA, nombreux contentieux portés devant les tribunaux américains,…)
> Policy interne: des investisseurs qui gèrent des fonds pour leur compte propre ou pour le compte de clients s’interdisent dans leur politique interne d’investissement d’investir dans le jeu. Certains d’entre eux, attirés par le secteur ne s’interdisent pas d’investir dans des prestataires …
> Difficultés à comprendre le secteur et à disposer d’informations chiffrées et d’analyses.
Afin de participer à la bonne financiarisation du secteur (par exemple, les opérations concernant des acquéreurs souhaitant mettre en oeuvre une stratégie de croissance, des cédants souhaitant monétiser leur travail ou leur investissement, …), il est nécessaire d’avoir une bonne information financière.
Or, au moment où les grandes opérations vont démarrer, la profession dispose de relativement peu d’information financière. Rappelons que les évaluations sont souvent faites à partir du recoupementde plusieurs informations, dont:
- Les valorisations des sociétés similaires cotées en Bourse,
- Et les transactions réalisées pour des opérations comparables.
On peut alors tirer des ratios de valorisation en multiple ou en nombre d’années de PBJ ou d’EBITDA, et pour les opérateurs, en nombre de compte joueurs actifs.
Dans ce contexte Largillière Finance va lancer cet été son propre observatoire des informations financières internationales sur les opérations du secteur:
- Avec des indices des sociétés cotées à travers le monde par segment (par métier, par zone géographique, par type de jeu, …)
- Avec un inventaire des deals rendus publics
- Une analyse de ces indices et de ces opérations
Paul Bougnoux – Associé Fondateur de Largillière Finance
Cabinet conseil en fusion et acquisition, conseil en accompagnement stratégique, Largillière Finance accompagne les opérateurs dans leur demande de licence sur le marché français. Largillière Finance est membre fondateur du M&A Gambling Group













