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Une "bagarre" pour "2 milliards d'euros", selon le JDD

Le Journal du Dimanche, hebdomadaire du groupe Lagardère, consacrait hier un long papier à la "bagarre" pour le marché français... Les médias "grand public" se passionnent de plus en plus pour le sujet.

L'article du JDD d'hier:

Paris en ligne: La bagarre s'engage

Les nombreux prétendants au marché des mises en ligne se disputent un pactole de 2 milliards d'euros. Il faut que les choses aillent vite." Alain Weill sait que le temps est compté pour prendre position sur le marché le plus juteux de l’année 2010: les paris en ligne. Le président du groupe NextRadioTV vient d’annoncer cette semaine sa volonté de se préparer dès maintenant à la libéralisation de ce vieux monopole de la Française des Jeux et du PMU. Il va rendre quotidienne son émission consacrée aux paris (Les Paris RMC). Pour Weill, les paris représenteront 10% du chiffre d’affaires de sa station vedette RMC, pas moins!

Depuis des mois, la tension monte entre opérateurs agissant déjà, donc illégalement et ceux qui, comme RMC, se préparent à prendre leur part du gâteau. Des dizaines de sociétés proposent aux résidents français de parier sur des compétitions sportives et des courses de chevaux au mépris des monopoles. Pour remettre de l’ordre, le gouvernement a décidé de réglementer l’entrée de nouveaux acteurs. Un texte de loi sera discuté à l’automne, des licences délivrées sans doute au printemps.

Déjà 200 sociétés de paris illégales

En attendant, la bagarre a déjà commencé. Début août, Jean-Michel Aulas, patron de l’Olympique Lyonnais, devait ainsi retirer le logo de son nouveau sponsor sur le maillot de ses joueurs: BetClic, une société de paris en ligne basée à Malte, nouvel associé «officiel» du club de foot, ne peut apparaître (et faire de la publicité) car son existence en France est jugée illégale. BetClic est la machine de guerre de Stéphane Courbit, l’ex-tycoon de la télé-réalité, reconverti dans l’énergie et les jeux en ligne. Avec la société Mangas Gaming, montée au côté de la Société des bains de mer, il domine le marché européen du jeu en ligne. La France est sa cible prioritaire. Autre trublion, Emmanuel de Rohan-Chabot a, lui, bousculé l’univers très policé du turf avec son site zeturf.com, qui réalise près de 120 millions d’euros de chiffre d’affaires. Il a déjà choisi le nom de son site de pari sportif, zebet.com, qui sera actif… dès l’automne.

Deux cents sociétés proposent déjà illégalement des paris aux internautes français. Leur existence fait enrager les sociétés "légales", toutes aussi nombreuses, qui s’organisent pour être prêtes le moment venu. "Les francs-tireurs vont démarrer avec un fichier clients plein", souligne Pierre Goubault, de turfomania.fr, un des principaux sites d’informations turfistes.

Premiers concernés : les monopoles eux-mêmes. La Française des Jeux discute partenariats avec les opérateurs télécoms SFR et Orange. Le PMU, lui, veut faire équipe avec son fournisseur de logiciels de paris mutualistes, le groupe Carrus: "Nous n’irons qu’en accord avec la filière hippique et le PMU et sur des produits de niche", précise Jérome Carrus, petit-fils du fondateur… du PMU. La liste des "ténors" intéressés ne cesse de s’allonger: la chaîne de télé M6, le journal L’Equipe, le groupe Lucien-Barrière, Lagardère (via Europe 1)… TF1 s’est même associé avec Artemis (groupe Pinault) et Bouygues pour lancer EurosportBet, premier courtier européen basé à Paris. Tous convoitent un marché qui a atteint en 2008 1,1 milliard d’euros de mises. "Intégrer les acteurs illégaux le portera à 2 milliards au minimum", dit un initié. Le cabinet Arthur D. Little avance le chiffre de 3,4 milliards pour 2015.

En attendant, tous les moyens sont bons pour conserver son avance. Sur les sites de l’Olympique Lyonnais et de l’Olympique de Marseille, les joueurs sont orientés, en parfaite contradiction avec la loi, vers BetClic. Sur le site du PSG, ils vont vers Unibet. Dans le premier cas, les nouveaux joueurs se voyaient offrir courant août 20 euros, dans le second 50 euros. Mieux : sur le portail du Stade Français (rugby), on accède à BetClic pour parier sur la Ligue 1 de foot! Bwin, dont les couleurs s’affichent déjà sur les prestigieux maillots du Real Madrid ou du Milan AC, serait en pourparlers avec les Girondins de Bordeaux, selon Le Monde. BetClic s’est offert l’image rassurante de Marcel Desailly, Unibet les bons conseils de Pierre Ménès. La bagarre ne fait que commencer.


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